Oneohtrix Point Never: « Magic Oneohtrix Point Never »

Avec une discographie qui s’avère presque impossible à rattacher à un genre spécifique, on ne peut vraiment pas deviner où le projet solo expérimental Oneohtrix Point Never du producteur Daniel Lopatin pourrait s’aventurer à chaque nouvelle sortie. De l’EDM au new age, en passant par la musique de chambre et les musiques de films, la production de Lopatin au cours de la dernière décennie a toujours été surprenante et une joie à contempler pour les fans de la gauche. Chaque disque enveloppe l’auditeur dans un concept et un style qui ont été conçus par le jeune homme de 38 ans avec une attention digne d’un auteur, ce qui explique en partie pourquoi son nouvel album mérite qu’on lui consacre un peu de temps.

Intitulé d’après le nom erroné d’une station de radio de soft rock appelée « Magic 106.7 » qui lui a inspiré son pseudonyme original, Magic Oneohtrix Point ne trouve jamais l’artiste new-yorkais se livrant à sa fascination de longue date pour la transmission de signaux radio sur les ondes et le style d’écoute aléatoire de ce média. Le résultat est un film absorbant de 47 minutes qui révèle de nouvelles couches à chaque séance, alors que Lopatin explore plus avant les pillage phoniques qu’il a si bien utilisés sur des albums tels que Replica en 2011.

L’album a quelque chose d’une sorte de mixtape – la fin de chaque composition est tissée dans le début de la suivante, ce qui en fait une expérience d’écoute assez dense au départ, mais aussi extrêmement holistique. Il mélange des échantillons déformés de signatures de DJ avec des publicités pour des mantras d’auto-assistance au milieu de ses rythmes et de ses percussions, agissant comme des intermèdes comiques sombres, comme si vous entendiez des transmissions perdues depuis une sorte de zone crépusculaire.

Bien qu’il y ait des moments inquiétants, l’album reste étonnamment apaisant à l’écoute, avec les mélodies réverbérantes de morceaux comme « Long Road Home », « I Don’t Love Me Anymore » et « Nothing’s Special » qui ont une atmosphère réconfortante. C’est également l’un des projets OPN les plus collaboratifs à ce jour, avec la participation d’Arca, Caroline Polachek et Nolanberollin. Cependant, c’est « No Nightmares » qui est le plus mémorable, où la voix de la star du R&B se marie avec les synthés spatiaux de Lopatin de manière nocturne et heureuse.

Magic Oneohtrix Point ne se sent finalement jamais plus abstrait que le dystopien Age Of de 2018 et le score époustouflant de l’année dernière pour Uncut Gems, mais il ne sacrifie aucune des qualités peu orthodoxes qui l’ont toujours fait sortir du lot. C’est une affaire complètement kaléidoscopique qui s’avère être l’un des disques les plus imaginatifs et les plus provocateurs en cette fin d’année 2020 qui a vu saaparution

***1/2

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

<span>%d</span> blogueurs aiment cette page :