Joan Of Arc: « Tim Melina Theo Bobby »

Si les années 2000 ont vu Broken Social Scene se constituer en groupe avec un immense réservoir de membres talentueux qui ont souvent été à la tête d’autres groupes, Joan Of Arc est leur homologue des années 1990, partageant les principaux contributeurs avec des groupes comme American Football, Owls et Cap’n Jazz.. Il est donc tout à fait approprié que ce dernier disque ne porte que les prénoms des quatre finalistes : Tim Melina Theo Bobby.

Connus pour leur approche sardonique et lunatique d’un mélange d’émo et d’indie rock, il convient de noter que Tim Kinsella a abandonné ses fonctions de chanteur principal sur les albums de Joan Of Arc il y a seulement deux ans, en 1984, en 2018. À ses côtés, l’artiste multimédia et musicienne Melina Ausikaitis s’est élevée au rang de nouvelle voix tout aussi vitale. Entre les murmures de Tim et les ricanements hypnotiques d’Ausikaitis, Joan Of Ar prend un virage vers lanotiond’urgence pour rendre leur dernier opus viscéral et excitant. 

Dans cette dernière tentative, Joan Of Arc mélange parfaitement des éléments de rock industriel, électronique et traditionnel à la guitare indie avec une écriture de chansons magistrale. Cette palette sonore extrêmement variée permet de garder l’album toujours frais, même après de nombreuses écoutes répétées. Un moment électro-acoustique lent et sombre comme « Creature and Being » peut rapidement céder la place à des instrumentaux grondants et sombrement groovy comme « Land Surveyor » et « The Dawn of Something ». Il y a du courage dans le fait d’arrêter alors que de nombreux autres actes contemporains des années 90 (Hum, fAmerican Football) viennent juste de retrouver leur gloire d’antan, mais Joan Of Arc fait en sorte que tout cela semble facile et essentiel. 

Des « singles » comme « Something Kind » mijotent ainsi juste sous la surface, avec des guitares floues et des refrains de batterie martelants alternant avec les couplets électroniques et percutants d’Ausikaitis, jusqu’à ce que les guitares bouillent enfin en une conclusion enflammée. Ici aussi, les prestations de Kinsella sont variées et dynamiques. Le morceau « Cover Letter Song » » extrait de l’album suivant, utilise des percussions industrielles et des synthétiseurs de basse de forage, ainsi que les descriptions banales, mi-chantées, mi-rapprochées de ses diverses occupations. « J’ai écrit des chansons / j’ai passé la serpillière / j’ai nettoyé les toilettes / et j’ai écrit » (I wrote songs / I mopped floors / I scrubbed toilets / and I wrote), se lamente-t-il, en contradiction avec la déclaration qu’il fait immédiatement : « Je vais être le prochain Tim Kinsella ».

Point fort de l’album, et « closer » de Tim Melina Theo Bobby, « Upside Down Bottomless Pit » utilise la dissonance pour mettre fin à 25 ans d’existence de ce groupe sur une note sombrement drôle et rebutante. Chaque élément de la chanson menace de bouleverser l’ensemble du morceau, car les râpes enfumées de Kinsella parviennent à rassembler les éléments disparates et inquiétants de l’ensemble. 

Si d’autres musiciens recherchent une exécution parfaite du chant du cygne, que ce soit la référence. Des inclusions de bon goût de toutes sortes, des mélodies puissantes et des paroles denses et ironiques font de Tim Melina Theo Bobby une conclusion incontournable pour les fans d’emo du Midwest, de rock électronique et de « songwriting » efficaces.

****

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :