Table: « Pumice »

L’horizon des musiques expérimentales qui se mêlent à la pop et au folk n’a rien à voir avec la Nouvelle-Zélande. Alors que l’île d’Aotearoa s’imaginait ce que la pop ressemblait à d’autres régions, avec les pressions tardives qu’elle recevait de groupes d’Europe et d’Amérique, les récits qui se produisaient dans les lits artistiques de Dunedin, Wellington et au-delà devinrent une pierre de touche. La Nouvelle-Zélande est devenue un lieu vers lequel les musiciens d’Europe et d’Amérique se sont tournés pour trouver une nouvelle inspiration.

Stefan Neville et Jade Farley ne sont pas différents, ils font partie de ce tissu culturel. Avec Table, Pumice existe comme un moyen de comprendre le paysage allongé de la Nouvelle-Zélande moderne et pas seulement son histoire. On peut prendre un livre tel que Erewhon Calling de Bruce Russell et ressentir la sensation textuelle d’un lieu et d’un temps. Punice a souvent fait une musique intemporelle, distincte de la populace influente de ses ancêtres et pourtant totalement redevable à son originalité et à sa répétition.

Plus que tout, Table est une conversation. C’est une expérience commune de personnes qui se rassemblent autour de l’objet titulaire. La plupart de nos expériences vécues se déroulent autour de tables. C’est là que nous mangeons, jouons, travaillons, dressons des tableaux, des listes… En tant que meuble utilitaire, elle s’intègre parfaitement à notre existence. Les tables sont polyvalentes, pouvant être forgées à partir de n’importe quelle surface capable de répondre à notre besoin instinctif d’un endroit fiable pour mener ces activités.

Ce n’est donc pas un hasard si Pumice de Table répond parfaitement à ces besoins. C’est un endroit où les sons néo-zélandais variables, anciens et nouveaux, sont mis à nu dans un bain de mélodies folkloriques et de bourdonnements pastoraux : Le violon désespéré de Farley se languissant profondément dans « Marie » ; le joyeux chant de la guitare et de l’orgue qui fait le tour de la salle sur « Hankerchief » ; le sombre ventre de nos propres âmes qui s’étend sur la table grâce à l’harmonisation obscure de « Our Schedule to Explore the Large Area, the Heart ».

Table tout comme le pays de sa naissance, abrite à la fois des influences et des personnes influencées. Sa polyvalence à être à la fois un lieu de rassemblement et un lieu de départ ne peut pas passer inaperçue. Parfois, nous nous réunissons pour célébrer une vie ou pour nous rappeler ce pour quoi nous sommes reconnaissants, parfois nous venons sur cet obélisque aplati pour nous disputer ou dire au revoir à nos proches. C’est l’esprit de Table, à la fois un énoncé artistique mis en musique et une forme physique où nous mettons tant de nous-mêmes devant les autres pour être vus et entendus.

***1/2

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