Reinaldo Moya: « Hearing it Getting Dark »

Le premier album du compositeur Reinaldo Moya, Hearing it Getting Dark, met en lumière la croissance et la maturation d’une œuvre qui explore les complexités de l’utilisation de techniques minimalistes entrelacées avec des récits lyriques très intuitifs. Les interprétations de Latitude 49, Francesca Anderegg et Attacca Quartet montrent un compositeur trouvant sa voix comme un conteur d’histoires ; les premières compositions projettent l’expérimentation de structures rythmiques placées sur des formes plus simples, pour passer à des pièces plus tardives présentant des formes et des progressions convaincantes, axées sur le caractère.

Si les compétences techniques de Moya en tant que compositrice sont toujours évidentes, l’album commence sur un terrain instable. La première composition de l’album, « Polythene » – que Moya décrit comme une pièce « avec la distinction entre minimalisme et forme de la sonate » – donne une direction claire, permettant au titre de le ressenti comme une musique de film sans intrigue. Même avec l’interprétation précise et énergique de Latitude 49 de la forme ahurissante de l’œuvre, le mariage des grooves et des mélodies semble timide alors que Moya est à la recherche d’une voix plus assurée.

Dans « Bonsai » et « Violin 3.0 », Moya renonce à son attachement à l’expérimentation de structures préconçues en optant pour un matériau simple, se déplaçant dans un sens du temps plus fluide et sans entrave. L’exécution impeccable de Francesca Anderegg sur « Bonsai » donne forme et nuance aux arpégiations rapides qui ne s’éloignent pas du style baroque précoce. L’image de Moya d’un matériau poussant comme un bonsaï, solidement ancré mais avec de petites branches poussant dans toutes les directions, est une forte source d’inspiration, mais ne se manifeste pas musicalement car l’écoute ressemble plus à un thème modifié et à des variations avec quelques éléments ajoutés. Des moments de textures colorées et cohérentes tourbillonnent, mais manquent de leur éclat. Quelques idées de trop forcent la matière à prendre une forme qui semble contre nature ; un seul concept réfléchi, entièrement élaboré et exploré, aurait suffi.

Moya est à son meilleur lorsqu’il a un scénario clair. Hearing it Get Dark, inspiré du roman de William Faulkner The Sound and The Fury, offre une structure programmatique claire pour l’accent viscéral que Moya met sur le lyrisme et l’harmonie. Sur cette piste, Moya met davantage l’accent sur la personnification musicale qu’il cherche à incarner ; la composition est certainement la plus engageante et la mieux conçue de l’album.

Le premier mouvement, « Walking Shadow », utilise des longueurs modérément troublantes de textures atmosphériques, interrompues inopinément par des éclats violents. Avec un guide émotionnel clair pour imiter la progression de l’œuvre, Moya affine son développement mélodique et harmonique pour mieux mettre en valeur ses caractérisations. Alors que la forme et la construction imprévisibles du mouvement engagent et divertissent, plus de nuance au-delà de l’explosion violente le ferait passer au niveau supérieur.

Le développement du style du compositeur évolue tout au long de Hearing it Get Dark.Les autres mouvements, « Clocks That Slay Time » et « She Smelled Like Trees », montrent la détermination de Moya à représenter les humeurs imprévisibles des personnages du livre ; la confiance témoignée dans cette direction stylistique offre l’exécution la plus claire et la plus réfléchie. Au-delà de l’interprétation riche et dynamique, Attacca Quartet maximise le potentiel de la musique grâce à une compréhension intime de la vision du compositeur. L’écriture mélodique obsédante de Moya dans « Clocks That Slay Time » est habilement manipulée en fluctuant à travers les harmonies romantiques et en se désintégrant dans des textures éthérées. Bien que coloré, le plein potentiel des textures semble rarement atteint ; les harmonies sont bien imaginées et appliquées, mais le spectre des couleurs instrumentales timbrales n’est pas pleinement utilisé.

L’entendre s’assombrir est une invitation si vous appréciez une narration directe et légère, pleine d’émotions. Moya est profondément ancré dans la tradition romantique par son exploration harmonique et sa nature expressive, tout en plongeant son orteil dans des idées plus contemporaines. L’œuvre éponyme exprime un désir de direction de signature qui n’a pas encore été tout à fait atteint. Moya possède, certes, la technique, les connaissances et l’imagerie nécessaires pour créer une musique programmatique réussie, mais il lui manque un engagement sans réserve pour projeter pleinement ses intentions.

***1/2

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