Porridge Radio: « Every Bad »

Dana Margolin a raison, son combo, Porridge Radio, est peut-être une des meilleures formations d’aujourd’hui sur le registre qui est le sien.

Porridge Radio ressemble rindubitablement , de par son nom, à un groupeun peu mièvre, mais soyez assurés qu’ils sont tout le contraire. Le groupe a été créé en 2015 après que Dana Margolin ait commencé à travailler sur des chansons et à apprendre la guitare seule dans sa chambre à Brighton. Avec l’ajout de Sam Yardley (batterie), Georgie Stott (clavier) et Maddie Ryall (basse), le groupe est devenu un élément familier du circuit britannique du bricolage. 

En mars, les Canadiens ont secrètement sorti leur nouvel album Every Bad, qui fait suite à leur premier album auto-enregistré de 2016, Rice, Pasta And Other Fillers. Every Bad est un reflet frénétique d’angoisses communes auxquelles une personne d’une vingtaine d’années peut s’identifier, comme le moment où vous réalisez que vous êtes maintenant adulte et que vous n’êtes pas sûr de faire quelque chose correctement.

Margolin n’a pas son pareil en matière de lyrisme quand il est question de communiquer des émotions complexes dans les limites de ses chansons. Sa prestation est enivrante, elle vous fait ressentir chaque saisissement, vous ramène au moment exact où vous avez ressenti cette même chose ainsi appelée « motion. Le premier morceau, « Born Confused », vous emmènera directement à l’intersection de la perte, itinéraire allant du « fuck you » à la joie. La ligne d’ouverture frappante – « Je m’ennuie à mourir, discputons-noue »( I’m bored to death, let’s argue)le met en scène une scène amèrement ironique. À la fin de la chanson, Margolin échange son discours pince-sans-rire contre un gémissement indécis en répétant « Merci de m’avoir quitté/ Merci de me rendre heureuse » (Thank you for leaving me/ Thank you for making me happy). Cela peut sembler peu impressionnant, banal et masturbatoire d’entendre Margolin chante sur la détresse émotionnelle, mais elle passe ainsi maître de déstabiliser un texte avec sa voix et donner à ses paroles un tout nouveau sens.

Every Bad est, en fait, un processus d’apprentissage, tant sur le plan de la composition que sur le plan émotionnel. Porridge Radio s’est propulsé au-delà de ses origines lo-fi, créant un album ambitieux et rugissant qui repousse les limites du langage et du bruit. « Don’t Ask Me Twice » en est le parfait exemple, la chanson commence avec le son brut de la guitare et de la batterie, alors que Margolin commence à craquer ; envoyant l’auditeur s’envoler dans un lieu saint, avec des échos du dernier mantra de Margolin. Au deuxième couplet, elle s’est complètement brisée, alors qu’ils éclatent en une bruyante tempête de grêle, mais ne vous inquiétez pas, il y a un arc-en-ciel à la fin.

Ces morceaux se plient et se brisent et le son fluctue de l’exaltation au désarroi en passant par l’épuisement, comme un exorcisme musical. Un exemple de l’évolution sonore constante se matérialise sur « Lilac » où Margolin chante « Je ne veux pas que nous devenions amers, je veux que nous allions mieux » (“ don’t want us to get bitter, I want us to get better), avant qu’elle ne se transforme en une vague de guitares et de cordes, « Je veux que nous soyons plus aimables avec nous-mêmes et avec les autres » (I want us to be kinder to ourselves and to each other), crie-t-elle alors que la vague sonore s’écrase autour d’elle. Avec un album qui s’attaque à la complexité de la maturation, « Lilac » donne l’idée que nous ne sommes pas si mauvais que ça quand il s’agit de grandir.

Dans un monde qui rend impossible la suppression de la peur existentielle, Every Bad est la conversation que vous pouvez utiliser. Elle vous fera certainement tourner en bourrique lorsque vous vous retrouverez à ce carrefour émotionnel qui vous forcera à accepter la vulnérabilité et à purger la négativité. Puissions-nous tous apprendre à être autonomes, comme sur chacun de ces morceaux.

***1/2

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