Near The Parenthesis: « Intervals »

Projet solo de Tim Arndt, basé en Californie, Near the Parenthesis revient après une interruption de quatre ans et résente ici huit compositions pour piano qui franchissent une ligne délicate entre le classique moderne, l’ambient et l’électronique.

Des cascades de notes sincères jaillissent du piano de Tim Arndt, pour apaiser et inspirer une année 2020 particulièrement étrange pour la créativité. Pendant un certain temps, au début de la pandémie, on avait l’impression que tous ceux qui passaient énormément de temps en studio produiraient un éventail étourdissant de chefs-d’œuvre. Mais à mesure que la crise s’est installée, du moins pour beaucoup d’entre nous assiégés et sans gouvernail, cette explosion d’énergie créative s’est transformée en un sentiment de survie et s’est installée dans une nouvelle réalité sinistre.

C’est pourquoi il est d’autant plus impressionnant de rencontrer le travail de quelqu’un qui a su non seulement survivre, mais aussi faire progresser son art d’une manière qui – et c’est important – élève aussi le public. C’est le cas de Intervals, la nouvelle sortie de The Parenthesis.

L’ouverture, « Cente » crée immédiatement l’ambiance, avec une douce mélodie de piano acoustique à touches mineures, bientôt complétée par des synthétiseurs à pulsations et une ligne de basse enflée, amenée à un doux point culminant avant de s’estomper. Le bien nommé « Second » suit avec une variation sur le thème, peut-être avec un peu plus de recul cette fois, et une évocations de l’épique Says de Nils Frahm, influence qui permet à Arndt commente que le fait de commencer par le piano sur ces morceaux lui a permis de « se concentrer davantage sur la satisfaction instantanée de s’asseoir et de jouer ».

« There Are No Waves » introduit une vocalisation sans paroles et un clin d’œil à la musique plus traditionnelle du n5MD sous la forme d’une ligne de caisse claire IDM complexe. Le titre de l’album est en partie un clin d’œil aux intervalles musicaux et aux espaces entre les notes. Cela en devient évident dans son utilisation de l’arpégiation, qui semble être un motif de base dans tout l’album. C’en sera encore plus exliciteavec « Only the Ocean » où le quelettede la compositions se transformera en un simple arpège de trois notes qui commence comme un motif de synthétiseur nu et qui, au cours des six minutes suivantes, est enclosdans de riches lavis et élaboré avec des ornements, pour réapparaître enfin et vous rappeler qu’il n’a jamais vraiment disparu.

Ensuite, « Muse »tout comme la chanson titre de l’album suivent le schéma ainsi établi, la première étant plus a »mbient » et la seconde se rapprochant d’un groove backbeat sans jamais perdre son calme et sa musicalité assurée. Ce qui, il faut le noter, est magistral : les lignes de piano sont variées, intéressantes et interprétées avec minutie, avec suffisamment d’inflexion humaine pour dissiper l’idée que l’album n’est qu’un exercice de programmation.

Pour conclure, « Oslo » introduit un coup de basse plus insistant et une ligne de clavier légèrement désaccordée, répétée et variée dans le champ stéréo. « Sillhouette » clôt l’album par un arpège ascendant, nostalgique et émotionnel, tandis que des cascades de notes émouvantes jaillissent du piano d’Arndt, pour apaiser et inspirer.

Nous vivons une époque étrange, et il nous est donné de nous accrocher à la positivité et au confort que nous pouvons trouver. Near the Parenthesis vous enveloppe de son comme une couverture chaude, vous apportant un réconfort sonore dans un monde de plus en plus dissonant.

***1/2

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