The Bats: « Foothills »

The Bats approchent de leur 40° année de « vie commune » en sortant, sans surprise apparemment, un autre morceau de perfection pop. Leur constance – terme qui peut, ici, être interprété comme un léger compliment – reste étonnante. En quatre décennies, ils ont conservé la même formation, un son à peu près identique et une capacité à sortir des albums dans un endroit tranquille avec peu de baisse de qualité. Foothills arrive à l’improviste (les doux grondements de la Nouvelle-Zélande prennent leur temps pour faire un tour du monde), mais il perpétue la tradition du groupe, utilisant leur son de longue date et leur sens aigu de la mélodie pour raconter de nouvelles histoires à la hauteur de leurs précédents tefforts

Le manque d’innovation ennuierait la plupart des groupes, ou du moins les oreilles de leurs auditeurs, mais les Bats parviennent à maintenir l’intérêt des « revisites ». Le rôle initial du groupe dans le développement de l’identité de Dunedin Sound et de Flying Nun s’est transformé en celui de la préservation de cette identité (le rôle du frontman Robert Scott dans The Clean consolide le lien). Le son s’articule autour du cliquetis lo-fi, qu’il soit au service de rockers enjoués ou de sons plus nostalgiques. Il y a quelques années, une lune bleue s’alignait avec la Croix du Sud et le quatuor réapparaissait comme des criquets tintant pour nous rappeler à quel point ils sont tranchants.

Cette fois-ci, ils sont venus avec le premier « single » « Warwick », l’un des morceaux les plus rythmés de l’album. Le groupe ajoute des lignes de guitares à la propulsion régulière et fait appel à la voix de Kaye Woodward pour rejoindre celle de Scott. La chanson suggère un monde joyeux, tant dans son ton que dans ses paroles, qui parlent de rêves à moitié oubliés et de possibilités imaginatives. En même temps, elle résiste au confort facile. Les rêves s’envolent et les fragments de mémoire peuvent s’effondrer et, si les chauves-souris créent un espace légèrement surréaliste, cena ne fait que justifier ce « tourisme onirique ».

Le titre suivant, eBeneath the Visore, équilibre le son. Le groupe fait descendre le spectacle en offrant un voyage sur l’île où dorment les soucise. Quand Scott chante « Beneath the visor/ The sun comes through/ I’m none the wiser/ With you » (Sous la visière/ Le soleil passe/ Je ne suis pas plus sage/ Avec toi), il reprend une idée de « Warwick ». Là-bas, il a suggéré que nous pouvons manquer l’arrivée de la lumière du jour ; cette fois, c’est une bonne nouvelle car il est perdu dans ses rêveries avec quelqu’un. Les chansons servent de médiateur entre des expériences fantaisistes, empruntant des voies différentes mais suggérant toutes deux les capacités prometteuses de la créativité active.

Cette expression a l’air de s’épanouir. Que le groupe jette un regard lyrique plus sombre ou plus lumineux sur le monde, il fournit surtout un coussin sonore. Même la guitare plus aiguisée du « single » « Another Door » fournit plus un cadre qu’un élément de choc (bien qu’il y ait un peu de bousculade). Il faut cependant faire attention aux détails pour que ce genre de musique fonctionne. The Bats savent exactement quel ton de guitare utiliser, quelles textures mettre derrière leur musique, et même quelles notes soutenues utiliser pour maintenir une ligne dans une image en mouvement. Des morceaux comme « Another Door » cherchent à s’échapper, mais ce que le groupe fait en réalité, c’est de pousser plus loin dans leur monde.

L’innovation n’a pas été le point fort du groupe pendant de nombreuses années, mais elle n’a pas plus d’importance aujourd’hui qu’elle n’en a jamais eu. Ils jouent avec une précision décousue et un formalisme désinvolte qui, même après quatre décennies, continue de sonner neuf, même si l’on peut y retracer une longue histoire musicale à l’heure actuelle. The Bats sont sortis en 2020 et s’ils sonnent comme ce qu’était le lablel Flying Nun

il y a quelques années. Maintenant que tout cela vient à grandir, ce n’est pas seulement une bonne chose – c’est un spectacle impressionnant.

***1/2

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