Susan Alcorn Quintet: « Pedernal »

Quand la plupart des gens pensent à la pedal steel guitar, ils s’attendent à entendre de la musique country ou hawaïenne.  Depuis vingt-cinq ans, Susan Alcorn a forgé sa propre façon de jouer de la pedal steel guitar. Le son unique d’Alcorn, bien qu’imprégné de la tradition du pedal steel, est largement façonné par les profondes influences d’Olivier Messiaen et d’Ornette Coleman. Son jeu s’étend de la très mélodique et pleine d’âme à de riches sons harmoniques, en passant par des houles éparses et des textures d’un autre monde.

Alcorn a enregistré plusieurs albums en solo et a joué sur de nombreux enregistrements, dont Columbia Icefield de Nate Wooley et Octet de Mary Halvorson. Une subvention inattendue a permis à Alcorn de se procurer les ressources nécessaires pour écrire et enregistrer Pedernal, son premier album en tant que leader d’un groupe.  Elle est rejointe par la guitariste Mary Halvorson, le bassiste Michael Formanek, le violoniste Mark Feldman et le batteur Ryan Sawyer.  Alcorn a écrit les cinq compositions de l’album en tenant compte de ces joueurs spécifiques.

L’album s’ouvre sur la chanson titre « Pedernal ». L’intro sombre et austère à la guitare et à la basse se transforme lentement en un thème mineur bluesy. Le morceau se développe vraiment au fil de plusieurs itérations, au fur et à mesure qu’il change d’humeur et de texture, pour finalement se transformer en une frénésie qui se déroule en un segment plus réfléchi qui finit par revenir au thème principal. Le morceau titre ouvre simplement la porte à ce que vous entendrez sur le reste de l’album.

Alcorn fait un grand usage des contrastes et des contre-lignes dans le développement de son matériel de composition. Cela donne souvent à son travail un aspect cinématographique, car il peut soudainement passer de quelque chose de très mélodique et/ou rythmique à des textures obliques ou éparses. Les compositions de Susan Alcorn pour ce quintette vont de l’harmelodic hoedown de « Northeast Rising Sun » aux étendues texturales des sons de chambre que l’on trouve à la fois dans « Night in Gdansk » et « Circular Ruins », en passant par les mélodies angulaires et bop de « R.U.R ».

Pedernal est un album merveilleux. Les auditeurs de musique créative et des franges extérieures du jazz trouveront beaucoup de choses à aimer sur cet album. Le quintette est spectaculaire et fait espérer que ce ne sera pas le dernier disque d’ensemble que Susan Alcorn dirige.

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