Tankus The Henge: « Luna Park! »

C’est une bonne chose, aujourd’hui, que de reconnaître et mentionner un groupe comme Tankus the Henge, mais ça ne va pas plus loin. Si vous vous demandez à quoi ils ressemblent, on pourrait peut-être dire que c’est un combo taillé pour les festivals. Pour être honnête, c’est ce qu’ils sont selon les médias sociaux, un style de musique éclectique et unique qu’ils appellent Gonzo rock’n’roll avec des influences de jazz de la Nouvelle-Orléans, de psychédélisme, de rock et de funk des années 70. Le groupe a un nouvel album, leur troisième intitulé Luna Park !, fin prêt à sortir. Bien qu’e ce ne soit pas un album concept, il a un thème et s’inspire d’une série de personnages hauts en couleur, dont « Susie Sidewinder », « Sundance Kid » et « Pilgri » ». Le disque suit leurs voyages, chacun tournant le dos à une ville qu’ils ont aimée et se rendant à l’utopique Luna Park ! à la recherche d’une vie meilleure.

L’album s’ouvre sur « God Oil Money », avec des riffs de cuivres et de guitare annonçant l’arrivée de TTH, tandis que des voix langoureuses viennent s’ajouter à la cacophonie du son qui a une sorte d’aspect sordide. Il y a des cuivres, des solos de guitare avec des harmonies et des claquements de mains vers la fin et un refrain vraiment captivant de type « ‘amour est là où nous commençons et l’amour là où nous finissons » (love is where we start and loves where we end). Il y a aussi du vrai Southside Johnny et The Asbury Dukes sur « Fayaway », mais avec un accent anglais typique de l’estuaire britannique. Le titre est basé sur le personnage semi-fictionnel de Typee, un roman d’aventures nautiques d’Herman Melville (qui a ensuite écrit Moby Dick). Un habitant de l’île sur laquelle le personnage principal débarque, il ne peut s’empêcher de tomber sous son charme dans l’étrange nouvelle terre où il se trouve.

La ville d’où les personnages s’échappent est polluée par le « Glitterlung » dont parle ladite chanson qui s’ouvre avec la chanteuse Jaz Delorean et un piano avant d’être rejointe par divers membres du groupe pour remplir ce morceau assez triste. Il y a un autre morceau assez mélancolique avec « Back to you », mais il a une sorte de texture hypnotique et rêveuse parfois.

Le premier des personnages qui nous sont présentés est « Suzie Sidewinde », qui, musicalement, a une sorte d’air jazzy et burlesque. C’est une dame qui répète les paroles de « Oh, Susie Sidewinder, tu me fais sourire comme un chat du Cheshire, comment se fait-il que le blues ne te trouve jamais, je dors mieux qu’un jour comme ça » (Oh, Susie Sidewinder you got me grinning like a Cheshire cat, How come the blues just never find ya, I get my finest sleep from one day like that). Se trouve aussi un côté beaucoup plus funky sur « Sundance Kid », qui fait penser à certains des trucs que Kid Creole and the Coconuts faisaient à l’époque de leur gloire.

João Mello reprendra le chant sur « (Living like a) Pilgrim », un morceau plus groovy avec de délicieuses touches de cuivres. »Worries » affichera, lui, une ambiance de club enfumé très tard dans la nuit, avec des paroles racontées comme dans un style proche de la confession et dont on pourra adorer la contrebasse et les harmonies du groupe au refrain.

« The Only Thing That Passes Here is Time » a un côté merveilleusement rétro et commence avec une pointe de chapeau à Jacques Brel, mais il est suivi par l’ensemble du groupe et les cuivres à intervalles réguliers, et un solo de saxophone de rêve à la moitié. Dans « Glitterlung (reprise) », nous aurons droit à un bref retour sur le morceau plaintif précédent, mais sous une forme modifiée.

Avec « Luna Park », ce sera un mélange d’éléments rock et de jazz latin, un peu trop rythmé aui aura nos faveurs et l‘album se terminera sur un « Staying On This Side Of The Dirt » qui fait comme un clin d’oeil à la notion de folie ; une sorte de composition centrée sur Londres, avec des éléments de « I Could Be So Good For You » de Dennis Waterman et un air thématique emprunté aux années 60.

Luna Park est une sortie intéressante même si on peut ne pas être convaincu de l’efficacité de son concept dans la mesure où on ne peut avaoir que beaucoup de respect pour un groupe qui est prêt à essayer quelque chose de différent. Ces excellents musiciens Jaz Delorean (chant, piano, trombone), Tim Fulker (guitare), George Simmonds (trombone), João Mello (saxophone ténor, clavier, guitare), Franco Pellicani (batterie) sont assistés de manière compétente par Tom Sinnett (basse, guitare, moog, cordes), Seb Skelly (trompette) et Jodie Marie (chœurs). Tankus the Henge est une force sans fin, furieuse et joyeuse et ce résumé est amplement suffisant pour qu’on s’en satisfasse.

***1/2

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