Calexico: « Seasonal Shift »

Souvenez-vous de la fin des années 90, lorsque Calexico combinait la musique occidentale et mexicaine de spaghetti balayée par les vents sur ses premiers albums comme Black Light et Hot Rail, et qu’elle était audacieuse et aventureuse ? Cette époque semble bien loin dans le rétroviseur, en particulier sur certaines parties du nouvel album du groupe sur le thème de Noël.

Le duo de Joey Burns et John Convertino s’est progressivement tourné vers des eaux indie plus commerciales au cours des deux dernières décennies. Ils se sont plongés dans l’ouverture de cette sortie agréable mais parfois loin d’être à la mode. Le premier et le plus évident « single » du disque, « Hear the Bells », un titre qui se joue en poussant la chansonnette et en s’imprégnant de l’orchestration. Il s’agit d’une évocation de la saison sur grand écran, tempérée par des trompettes Mexicali et des paroles en espagnol, le tout au service de ce qui tente, avec succès pour la plupart, d’être une grande déclaration audacieuse et intemporelle sur le fait de laisser les vieux derrière soi avec « Take a breath to soothe your sorrows/Until’s gone…as the years fade away », les couvertures de l’obscur et émouvant « Christmas All Over Again » de Tom Petty, ainsi que la lecture onirique de ce qui est aujourd’hui le cliché de John et Yoko « Happy Xmas (War is Over) » ne poussent pas non plus à l’enveloppe, bien qu’il s’agisse dans les deux cas d’agréables inclusions. Burns et Convertino sont aidés par des instruments tels que la guitare portugaise, les vibes, le mellotron et de nombreuses percussions qui amplifient le son. D’autres chanteurs, comme les charmantes Gisela Joao, Gaby Moreno et Camilo Lara, se joignent à eux pour apporter un changement vocal rafraîchissant.

Certains moments, comme la valse soporifique écrite par Burns, « Nature’s Domain », dépouillent l’atmosphère mais ne représentent rien de saisonnier musicalement ou philosophiquement avec les paroles « Winter’s disguise has rendered me blind », peut-être en plus de mentionner la saison. La musique prend une tournure inhabituelle mais décontractée vers l’Afrique, avec le Niger comme invité de Bombino pour « Heart of Downtown ». C’est une délicieuse diversion, d’autant plus que les cuivres mexicains font un mélange plus mondain, même si, là encore, il n’y a rien de Noël. « Peace of Mind », le charmant titre de Burns, composé d’un groupe de country folk très solitaire, célèbre le fait de rester chez soi, du moins cette année, dans le moment le plus doux et le plus authentique du disque.

Les choses se terminent sur une note frustrante, car de nombreuses personnes nous souhaitent de bonnes vacances dans différentes langues sur « Mi Burrito Sabranero (Reprise) », une nouveauté fringante que vous écouterez une fois puis que vous passerez rapidement à d’autres diffusions.

Malgré, ou peut-être à cause, de cetassortiment musical aux sauces en dispersion, Calexico nous livre un album agréable, avec suffisamment de moments artistiquement divertissants pour en valoir la peine, même si son approche globale est plus déconcentrée que festive.

***1/2

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