En Minor: « When The Cold Truth Has Worn Its Miserable Welcome Out »

La contribution de Phil Anselmo au métal lourd ne peut être sous-estimée. Pantera a gardé le pouls du métal vivant pendant les années 90 et sa loyauté éternelle envers le genre a été bien représentée tout au long de ses albums avec Down, Superjoint, The Illegals et sa formation de black metal, Scour. On ne peut donc pas reprocher aux métalleux hardcore d’avoir froncé les sourcils en voyant Anselmo porter un costume et se pavaner avec son nouveau groupe dont le genre autoproclamé est le « depression core », En Minor, puisque tel est son nom, est, en effet, un animal différent de la production habituelle du bonhomme

Au lieu de se fier au volume, Anselmo et sa bande de musiciens livrent le lourd en passant par l’atmosphère et l’émotion nue. L’album est largement construit sur des guitares acoustiques, une instrumentation luxuriante et le chant propre d’Anselmo – qui ressemble beaucoup à celui d’un Mark Lanegan qui se situerait au fond d’un puits. Le groupe compte de nombreux collaborateurs habituels d’Anselmo (comme Jimmy Bower, Kevin Bond et Stephen Taylor – qui ont tous joué sur un Superjoint, Illegals ou Down LP), mais aussi le violoncelliste Steve Bernal (ancien Temple Symphony Orchestra) et Calvin et Joiner Dover (The Dover Brothers). Si rien d’autre n’est apprécié sur cet album, vous ne pouvez pas nier qu’Anselmo a magnifiquement orchestré ce groupe de sept musiciens – qui rappellent parfois les morceaux imprégnés d’Americanafaçon Nick Cave and the Bad Seeds comme surTender Prey ou encore les arrangements sobres des albums de Johnny Cash produits par Rick Rubin à la fin de sa carrière. Après avoir écouté cet album, vous vous rendrez compte qu’il ne s’agit pas d’un écart si extrême par rapport à l’esthétique d’Anselmo. Toutes ces chansons ont un sens parfait. De plus, il s’agit d’une nouvelle version rafraîchissante qui s’inscrit parfaitement dans notre existence actuelle où sévissent peur et d’incertitude.

Composé de 11 titres, When The Cold Truth Has Worn Its Miserable Welcome Out possède de nombreuses couches au cours d’une écoute eapprofondie. Si Anselmo ne chante pas à pleins poumons comme nous en avons l’habitude, sa prestation sur cet album donne un peu plus de poids aux paroles. Mais sa voix n’est pas vraiment au centre de l’album. C’est la musique qui distingue vraiment l’album de sa production précédente. Le groupe est parfait, car il construit des paysages sonores ou enroule des boules de tension autour du chant mélancolique d’Anselmo. Des titres comme « This Is Not Your Day », « Black Mass » et « On The Floor » en sont de parfaits exemples. Dire que ces chansons sont étonnamment géniales, c’est suggérer lqu’on puisse douter de cette affirmation mais, soyons honnêtes, chaque fois qu’un artiste prend un virage où il pousse la barre ailleurs, il est accueilli avec scepticisme.

Le premier titre, « Mausoleums », offre un climat où le désespoir est palpable avec des guitares acoustiques solitaires et des drones de violoncelle qui complètent le baryton basse d’Anselmo. Le fait de doubler sa voix et de s’harmoniser avec lui-même ajoute un sentiment de tristesse. La batterie de Jimmy Bower sillonneea « Blue », d’une guitare électrique qui apporte une touche de sobriété derrière l’acoustique. « Dead Can’t Dance » est l’une des chansons les plus intéressantes de la collection. L’instrumentation et l’arrangement de l’album sont entièrement synthétisés et distillés en une seule piste. Ne vous laissez pas tromper par les titres, « Love Needs Love » est une pure tristesse et peut-être le clin d’œil le plus évident à Nick Cave. « Warm Sharp Bath Sleep » sera le point culminant de l’album. Les guitares acoustiques s’entrechoquent contre les touches et les guitares électriques, tandis qu’Anselmo se montre le plus confiant dans ce nouveau cadre.   

Toute hésitation que vous pourriez avoir en découvrant le nouveau projet d’Anselmo devrait être mise en échec. Si vous êtes un adepte du hard metal, il n’y a aucune raison de ne pas aimer cet album – au moins comme un nettoyeur de palette. Mais vous devriez vous attendre à tomber amoureux de plus de quelques chansons. Et quelle belle introduction aux talents d’Anselmo pour ceux qui ne toucheraient pas un album de métal avec une perche de dix pieds. Il y a beaucoup de choses ici qui remettront en question vos idées préconçues sur ses capacités

***1/2

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