Golden Champagne Flavored Sweatshirt:  » Expectant »

Sur Expectant, Golden Champagne Flavored Sweatshir crée une musique qui incarne l’anticipation. Ces sept titres explorent un mouvement perpétuel et une reconfiguration sans fin, étirant l’unique moment juste avant qu’il ne se passe quelque chose en des pistes sinueuses qui dépassent souvent la barre des cinq et six minutes. Écouter, c’est comme regarder un train en marche qui ne s’arrête pas et n’arrive pas, c’est comme vivre dans cet état constant de quasi-impact.

La paire de ces rails de sortie de gare, « 3.26__ » et « Horse Mouth », affiche immédiatement cette approche texturale et compositionnelle. Pleins de percussions et de bourdons de synthétiseur, ces titres ouvrent la voie (littéralement, avec les coups de carillon cérémoniels qui donnent le coup d’envoi de l’album) aux atmosphères auto-construites d’Expectant. La mélodie descendante du synthétiseur sur « 3.26__ » donne l’impression d’être de la science-fiction à haute voix contre le souffle sourd de sa basse, tandis que le torrent tourbillonnant de sons de vent affectés qui se trouve à l’arrière de « Horse Mouth » contrecarre la clameur de la ligne de fabrication de sa boucle de percussion. Expectant s’enveloppe dans ce monde sonore à la fois futuriste et antique, à la fois recueilli et imaginatif, refusant d’arbitrer ces contradictions et accumulant sans relâche des tensions dissonantes avant que chaque morceau ne se désassemble lentement et ne s’efface dans le silence.

Alors qu’Expectant s’épanouit dans ce sentiment d’ascension sans limite, GCFS enfouit le flux d’une évolution latérale constante dans ces structures. Sur « Human Animal Chimera », un riff triplé et doublé se heurte à des murs de bruit et à des bribes de voix gargarisées avant que la texture n’évolue entre cette combinaison, la marche lourde de la grosse caisse et des bouts d’air froid. Comme un corps qui change constamment de forme, les mouvements de « Human Animal Chimera » semblent si totalisants et synchrones que les itérations individuelles peuvent disparaître en l’espace d’une seconde, presque imperceptibles pour l’œil (l’oreille) non concentré. Cette musique vit effectivement dans un monde qui traite la libération et l’arrivée comme la peste, mais GCFS guide ces personnages sonores empilés dans de nouvelles formes avec une poussée patiente et secrète. Ses mouvements créent de nouveaux êtres à chaque instant avant que la forme ne se transforme rapidement en une nouvelle méconnaissance.

L’inclusion de chants (faisant écho à des fragments de discours sur « Horse Mouth », des jappements et des cris sur « Animals Calling Animals », plus proche) sur ce fond métallique complique encore plus le sens du lieu de cette musique, et le sommet de ces apports quasi humanistes arrive sur ‘Whicket ». Au sommet d’un rythme rapide et urgent, l’enregistrement d’un pasteur craignant le ravissement délivre un sermon sinistre : « Le salaire du péché / Est la mort … Quand on pèche, quelqu’un meurt » (The wages of sin / Is death … When you sin, somebody dies), préviennent-ils vers le final du morceau. L’ambiguïté émotionnelle du paysage sonore de GCFS se heurte à cette moralisation religieuse enflammée, à la fois en approuvant le satanisme que l’orateur condamne et en amplifiant la colère et la pitié de leurs remontrances.

Au centre de la froideur extraterres de Sea Creatures” et « Pyroclasmic Flows ». Bien qu’ils n’éliminent pas entièrement le flair industriel de l’album, ces morceaux vivent plus profondément dans le naturalisme du monde de GCFS. Sur « Pyroclasmic Flow » », en particulier, les rythmes entraînants s’adoucissent et font place à des murs d’harmonies de synthétiseurs nostalgiques. La tendresse exposée ici détend les épaules relevées et les genoux bloqués des morceaux précédents, laissant le son se déployer dans une mer sans limite de roses et de bleus psychédéliques, de violets et d’or. Si une grande partie d’Expectant se délecte d’anxiété et de tension, « Pyroclasmic Flows » sera l’admission la plus évidente de la beauté qui s’attarde dans les coins sombres de chaque morceau qui l’entoure.

Expectant demande aux auditeurs d’entrer dans un monde sonore sans direction ni dimension. Ces sons s’écoulent par-delà les frontières, tempérant les montées, niant les attentes et reconstruisant le corps singulier de chaque moment. Comme cette musique, le sentiment d’être à l’affût sans libération ou rejet tangible peut souvent être inconfortable dans son sens de perpétuelle méconnaissance. Mais une fois que l’on s’installe dans le cosmos souterrain d’Expectant, les créatures vivantes qui fredonnent dans chaque morceau produisent une puissance impressionnante.

***1/2

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