Donovan Woods: « Without People »

Le septième album studio de l’auteur-compositeur-interprète canadien Donovan Wood renforce la capacité de l’artiste à chevaucher sans effort les genres folk, country et indie tout en continuant à livrer des chansons marquées par son style d’écriture intime et discret.

Le disque se concentre principalement sur la fin d’une relation et sur le chagrin d’amour et la rétrospection qui accompagnent une telle transition. Cependant, le titre de l’album, Without People, et la méthode par laquelle il a été créé – des enregistrements envoyés d’un bout à l’autre du pays entre divers musiciens qui n’ont jamais pu travailler ensemble en personne – invitent à lire le disque comme un reflet de la douleur, de la perte et des regrets qui marquent aussi la vie en quarantaine.

La manipulation de l’échelle par Woods est au centre de l’attention sonore tout au long du disque. L’album s’ouvre sur un morceau de violon sombre et dramatique, évoquant une grandeur qui est rapidement mise en contraste avec l’une des chansons les plus intimes et les plus dépouillées de l’album, « Last Time I Saw You ». Les deux morceaux sont placés devant le son de la conversation, donnant l’impression inquiétante que tant la grande performance que les moments intimes sont discutés, écartés, ignorés.

L’album se tourne ensuite vers le douceâtre « Seeing Other People », qui, avec « We Used To », « Grew Apart »et « Whole Way Home », donne un aperçu détaillé des moments spécifiques de la relation défaillante. Plusieurs titres ont des accroches d’une ligne autour desquelles les chansons sont construites, cette chanson étant « J‘étais d’accord pour que tu vois d’autres personnes, jusqu’à ce que je vois d’autres personnes te voir» (I was okay with you seeing other people, until I saw other people seeing you).

« We Used To » amènera le début plus lent de l’album à un endroit plus joyeux, presque opiacé, servi par des percussions créatives et un synthé. Le premier des deux duos de l’album, « She Waits for Me to Come Back Down » avec Katie Pruitt, met ensuite en évidence le timbre de voix sombre et riche de Woods. Les chansons plus énergiques s’atténuent après « Grew Apart »» le morceau qui met le plus clairement en évidence l’influence country de Woods.

L’album se terminera avec « Whatever Keeps You Going », une chanson à l’histoire avec des vignettes de différents personnages qui se débattent. Après un album marqué par l’accent mis sur le passé, c’est la première fois que Woods donne un message sur sa vision de l’avenir. Il n’évoque pas un espoir soudain, mais plutôt le fait que nous devons faire ce que nous pouvons pour nous en sortir.

Without People est un disque accrocheur, bien que simpliste, qui tient compte du passé et de notre isolement actuel. La richesse de la production et des arrangements de l’album donne à ces chansons folkloriques une tournure moderne et fait de l’album l’un des plus convaincants de Wood à ce jour.

***1/2

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