Scaphoid: « Absent Passages »

Absent Passages de Scaphoidest un album intéressant et impressionnant – d’autant plus que c’est un projet solo arrangé pour un groupe complet avec son créateur Matt Hobart y jouant chaque note. 

De ce fait, la plupart des observations auxquelles on peut se risquer sont de nature critique ou technique. Bin qu’il soit manifestement un travail d’amour, l’album me semble plus être une vitrine : un morceau d’artisanat, plutôt qu’une œuvre d’art. Les compositions n’ont pas l’air d’être un jaillissement d’émotion ou d’expression ; elles sont comme une lettre d’amour à l’artisanat de la chanson et à l’exposition instrumentale. L’album sonne comme des compositions créées par un ordinateur qui a analysé tout le « metal prog », puis a généré de la musique originale de façon algorithmique. 

En fin de compte, cela ne nous atteint pas sur le plan émotionnel – ce qui, bien sûr, est une chose personnelle. Onpeut,à cet égard, ressentir le même manque de connexion avec Bach, Mozart et tant de jazz, qui touchent évidemment les autres profondément mais en laissent d’autres froid.

L’absence de voix dans l’arrangement de Scaphoïde en est en grande partie responsable. Certains groupes instrumentaux sont remarquables, en particulier Russian Circles, mais les chansons d’Absent Passages tombent souvent dans ce qui ressemble à un couplet sans voix. Dans ces moments-là, il va manque une caccroche ou une ligne mélodique pour faire avancer la musique et jon ne peut que continuer à vouloir combler de telles lacunes. 

Comme il s’agit d’un album autoproduit qui fait écho au meilleur du prog metal, cet album évoque Probot [le projet solo de Dave Grohl qui réunit la crème des chanteurs de metal] – il nous semble même être une démo qui attend les apparitions des chanteurs d’Opeth, Demons and Wizards, Oceansize et Tool.

D’un point de vue technique, il y a beaucoup à admirer dans ce caractère des sons qui offre un mélange bien équilibré et séparé. Cependant, on dirait que les guitares ont été branchées directement sur l’ordinateur et que la batterie a été jouée sur une batterie électronique, ainsi que sur une piste à cliquer… on croirait même que cet album a été fait à la fois sur et pour casque. Cela laisse le son plat et défaillant, bien qu’une piste en particulier, « Coldness of Clarity », possède une plus grande chaleur en raison du piano et de la guitare acoustique qui sous-tendent la piste. 

Absent Passages ne respire pas et il y manque le son des grands haut-parleurs qui déplacent beaucoup d’air et des tambours qui sont frappés et écrasés… tout cela semble distant, sobre, détaché et clinique ; cela ne sonne pas du tout fort ou physique ou en colère, ce que le métal devrait vraiment, vraiment faire. 

On a pu dire de Van Halen qu’il n’a pas utilisé ses compétences pour déchiqueter sans réfléchir – il a écrit d’énormes chansons pop, et a fait tomber une nouvelle génération amoureuse de la guitare électrique – cela résume vraiment tout ce dont est dépourvu Scaphoid – pas tellement la pop, mais tout ce qui est viscéral at permet à une chanson de nous saisir et nous obliger en nous excitant.

Je ne veux pasIl ne faut, toutefoias, pas sous-estimercet opus ; il est,techniquement, excellent, admirable et stimulant de ce point de vue – mais, hormis cela, il ne va pas plus loin.

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