Told Slant: « Point the Flashlight and Walk »

Peu d’artistes ont un impact aussi fort que Told Slant. La voix de Felix Walworth ne cache rien. De ses moments les plus cathartiques sur des titres comme « Ohio Snow Falls » à ses moments plus intimes sur des chansons comme « Tsunami », les auditeurs ressentent chaque mot exactement comme Walworth les prononce. La semaine dernière, Walworth a sorti son troisième disque sous les titres Told Slant, Point the Flashlight et Walk.

L’album nous montre un son plus mûr dchez Walworth, en ajoutant plus d’instruments à leur son, ainsi qu’une production plus raffinée que leurs disques précédents. « Meet You in the City » semble ainsi presque trop optimiste pour une chanson de Told Slant, mais c’est un excellent début pour le disque, avec ses claviers carillonnants et une légère couche de percussions. « Bullfrog Choirs » s’inspire très bien du morceau d’ouverture avec une merveilleuse section de chant et un travail de batterie complexe qui fait de Walworth l’un des batteurs les plus remarquables de New York. La fin est étonnante et ne ressemble à rien de ce que nous avons entendu de la part de Told Slant : une énorme guitare et un synthé-basse en construction avant que le morceau ne s’efface.

L’album tire son nom d’une ligne de « Flashlight On ». Le morceau est construit à partir d’une base de guitare triée sur le volet et de la voix de Walworth recouverte de distorsion, ce qui ajoute une qualité nostalgique. La chanson se construit jusqu’à ce que la voix de Walworth prenne de la vitesse en chantant :

« J’ai passé une grande partie de ma vie sans aucune passion : Je veux juste me perdre, pointer la lampe de poche et marcher » (I’ve spent so much of my life with no passion at all/Just want to get lost, point the flashlight and walk).

Ce sont des lignes comme celle-ci qui définissent l’écriture de Walworth. Honnêtes, souvent de façon brutale. Ce sont des émotions que beaucoup d’auditeurs ressentent – toute personne qui a été amoureuse ou qui s’est sentie coincée. Une chanson comme « Run Around The School » résume si bien ces émotions. C’est un concept simple et parfois innocent sur l’amour à l’école, mais Walworth ajoute la véritable couche de la façon dont même un amour non partagé peut être quelque chose à célébrer.

Les deux titres suivants, « Whirlpool » et « Family Still », semblent créer un tampon entre deux moitiés assez distinctes de Point the Flashlight and Walk. Ce sont deux chansons plus lentes et intimes, avec une instrumentation très intéressante. Elles comprennent également des moments vraiment incroyables, comme lorsque « Family Still » se brise et que Walworth entonne : «  Je pose ma main sur ta poitrine / J’espère qu’elle battra quand je te quitterai » (put my hand on your chest / I hope it beats when I leave you).

« No Backpack » est accompagné d’une batterie et d’un piano marte. Il contient également certaines des meilleures parties de guitare du disque, ce qui crée une atmosphère incroyable. « Moon and Sea » »est suivi d’un piano électrique dans une approche très folk. C’est l’un des morceaux les plus émouvants du disque, en particulier lorsque Walworth chante «  Non, n’arrête pas cette respiration » (Don’t stop this breathing) et qu’il se transforme en un superbe solo de clavier.

Certains affirment que l’avant-dernier morceau d’un album est le plus important, et « From the Roofbeams » est la pièce maîtresse de Point the Flashlight and Walk. Il résume à la fois l’album et presque tout ce que Told Slant a sorti jusqu’à présent : des moments déchirants, des moments de catharsis et une intimité tranquille. Walworth chante « Prenez tous ces tambours de canon, les sentiments de trompette du ciel que j’ai pour vous » (Take all these cannon drum, heaven trumpet feelings that I have for you), ce qui, bien que ce ne soit peut-être pas intentionnel, évoque l’imagerie du dernier morceau du précédent album de Told Slant.

Le disque se termine par l’étonnant « Walking With the Moon ». Bien qu’il ne s’agisse que de quelques mots, il conclut toute l’émotion de l’album avec une question supplémentaire : « Ne devrais-je pas t’aimer ? » (Shouldn’t I love you?)

Dans un article de blog, Walworth dit qu’ils se sont inspirésdu Nebraska de Springsteen pendant qu’ils travaillaient sur ce disque. Il y a d’ailleurs beaucoup de parallèles entre The Boss et Walworth. Ce sont des histoires humaines, elles sont racontables. Elles parlent d’amour, de perte, d’amitié, et de l’étrange, et parfois réconfortant, des lieux émotionnels entre les deux. Point the Flashlight and Walk est un disque puissant, bien que discret. Il emmène cependant les auditeurs bien au-delà de ce qu’ont pu faire les disques Told Slant dans le passé. Des parties de guitare immersives, des mélodies de harpe glaçantes, des claviers et d’autres sons nouveaux amènent la musique de Walworth à des sommets incroyables. C’est une croissance et une évolution qui leur convient bien, faisant de cet opus leur meilleur album à ce jour.

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