Tunng: « Dead Club »

Lorsque Tunng s’est lancé dans un projet qui allait amorcer une conversation sur la mort et la mort, ils n’auraient pas pu prévoir l’environnement dans lequel ils le rejetteraient. Leur septième album, Presents…Dead Club, est arrivé en un an, traversé par le chagrin, ce qui en fait la meilleure écoute possible ou la pire, selon votre endurance.

Le projet a débuté en 2018 par une série d’entretiens avec des auteurs, des musiciens, des philosophes, un médecin de soins palliatifs et un anthropologue légiste qui ont contribué au thème de Dead Club. Des extraits de ces entretiens sont découpés dans les chansons, ce qui rend impossible d’échapper au fait que cet album traite de la réflexion sur la mort, parfois dans un sens spirituel et parfois en termes pratiques de préparation de fin de vie ou de ce qui arrive au corps. Les interviews complètes sont disponibles sous la forme d’un podcast d’accompagnement du même nom et permettent une écoute convaincante en soi.

Mais si un groupe devait faire une étude quelque peu académique de la mort dans un album, Tunng se sent comme le bon groupe. La nature généralement douce de leur musique les empêche de devenir trop lourds ou larmoyants. Il y a toujours des paroles bizarres dans chaque chanson qui sonnent comme étant brutales ou comiques, et la chanson sur le la mort en Suède oscille entre nostalgie douloureuse et absurdité.

« C’est une chose corporelle », a rappelé son auteur Max Porter et les paroles qu’il a écrites et récitées pour ses auditeurs de sont détaillées comme suit : les caractéristiques et les défaillances du corps, et sa décomposition après la mort. Sa phrase « on pourrait lire votre corps comme un livre » ( someone might read your body like a book) confond le sensuel et le corporel, résumant les sentiments ineffables d’un corps ou d’un esprit avec une déclaration solennelle.

Bien que la solennité ne soit pas une caractéristique déterminante de Dead Club, il semble juste que les arrangements des chansons soient plus discrets que la plupart des œuvres antérieures de Tunng, qui penchent plus vers le folk que vers l’électronique, avec des chansons menées par des guitares ou un piano acoustiques. L’électronique est plutôt comme un tissu grossier, offrant un fond à la fois doux et rugueux. Il n’y a pas pour autant d’écart complet par rapport à leur style « Death is the New Sex », avec son rythme électronique bourdonnant, ressemble beaucoup à la folktronica autour de laquelle le groupe s’est construit, et la mélodie sautillante de « Three Birds » ressemble autant à d’autres arrangements vocaux de leur catalogue qu’à des comptines sur la peste.

Le plus grand succès de Dead Club réside dans son équilibre entre émotion et pragmatisme, qui laisse la place à la fascination qu’exerce la mort tout en permettant à ceux qui l’entourent de ressentir une réelle peur. C’est ainsi que « Scared to Death » est le noyau émotionnel de cet album. Avec son rythme de synthétiseur et son doux arrangement au piano, il est intime, tandis que ses paroles évoquent ce que les gens craignent et ce qu’ils osent espérer lorsqu’ils se permettent de penser à la fin.

Cette année nous a montré que les gens ne savent pas vraiment comment – ou du moins n’en ont pas la capacité actuellement – faire leur deuil. Aucun album ou série de podcasts ne changera cela. Mais ce que Tunng a montré avec Presents…Dead Club, c’est qu’aborder le deuil et la mort n’a pas besoin d’être dévastateur. Cela peut susciter la réflexion. Cela peut aussi être simplement agréable.

****

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :