Sirens of Lesbos: « SOL »

Il existe un vieux dicton qui s’applique souvent à certains projets musicaux : » Top de cuisiniers gâchent le bouillon ». Mais, parfois, lorsque vous vous éloignez d’une recette, en choisissant d’expérimenter avec vos ingrédients, il est possible que vous soyez agréablement surpris par le résultat. Dans le cas de SOL, le très attendu premier album des Sirens of Lesbos, l’auditeur se voit servir un délicieux assortiment d’instrumentation enivrante avec des notes de reggae, de R&B, de funk et de pop. Ici, les saveurs se développent régulièrement, pour aboutir à une palette sonore bien tempérée qui laisse une impression durable. 

Après s’être séparé d’un grand label, le quintette suisse a décidé de prendre sa propre direction pour produire un disque qui présente une représentation globale de leurs inspirations collectives. Par la suite, SOL a su marier harmonieusement les différents parcours du groupe et les différentes sensibilités musicales. 

Dès le début, l’instrumentation luxuriante de « Tired Introlude », soutenue par des mélodies denses, crée une atmosphère séduisante. Une grande partie de l’attrait des Sirens of Lebos sur ces douze morceaux est leur capacité à garder le public en alerte. Qui aurait pu anticiper le riff de piano luminescent presque aveuglant du yacht-rock infusé « How Many Miles » ou la troublante chillwave à la Connan Mockasin qui clôt le LP pour suivre l’irrésistible courant reggaeton entendu sur « Birds » ? Bien qu’il y ait beaucoup à apprécier dans ces morceaux, « Like Some Dream », avec le rappeur américain JID, est le point culminant du disque. Faisant écho aux moments d’introspection de Kendrick Lamar, souvent mis en scène par le jeu de guitare de Steve Lacy, « Sirens of Lesbos » incorporera des arpèges de synthé menaçants avec un accompagnement de saxophone onirique pour une profondeur de texture et une intrigue supplémentaires. 

Fondé sur des arrangements brillants coproduits par le joueur de synthé et de percussions Melvyn Buss aux côtés du parolier en chef Arci Friede, les riches paysages sonores de SOL sont complétés par les magnifiques harmonies des sœurs Jasmina et Nabyla Serag. Toutes deux brillent tout au long du disque, notamment sur le refrain mordant de « Two Face » : «  Il faut doubler le dentifrice, car vous avez deux visages (You need double the toothpaste, cos you’re two-faced.).

Avec SOL, nous sommes ici gratifiés d’un travail ambitieux qui est parfaitement réalisé, ce début dynamique présente une promesse et un potentiel sans fin dans l’art de ce combo helvétique.

****

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :