Black Foxxes: « Black Foxxes »

Les Black Foxxes sortent leur troisième album suite à de nombreux changements personnels et de personnel. Mark Holley a toujours été ouvert et honnête à propos de ses problèmes de santé physique et mentale et cela continue à travers ces neuf chansons – enregistrées rapidement avec une nouvelle section rythmique (le batteur Finn McClean et le bassiste Jack Henley) et la productrice/mixeuse Ade Bushby.

Le disque s’ouvre avec « I Am », un morceau court et tranchant mais tendu qui s’accumule lentement lorsque Holley compare des maisons vides aux planchers qui grincent à son état d’esprit : « Je suis celui qui appelle ton nom, je suis celui qui appelle ton nom, appelle-moi par ton nom, appelle-moi bleu » ; « Je suis seul » (I am the one who calls your name, I am the one who calls your name, call me by your name, call me blue; I am alone). Elle se termine par un fracas de cris et de bruits passionnés qui mènent parfaitement au récent « single » « Badlands ». Avec des riffs trapus et des effets de shoegaze floutés, c’est une chanson qui ressemble à une transe et dans laquelle Mark assume la responsabilité de ses actes :  « Je suis conscient d’avoir fait trop d’erreurs » (’m conscious I have made too many mistakes). Alors que l’outro psychédélique façon War On Drugs-meets-Deerhunter s’intensifie, il répète la question « Pourquoi est-ce si difficile ? » (‘Why is this so hard?) 

« Drug Holiday » rappelle le son du début des années 90 à Seattle, où Holley essaie de se vider l’esprit mais finit par tomber amoureux d’une fille qui joue avec son esprit, tandis que « My Skin », lui, donnera des exemples de différents types de médicaments : « Ma peau est fissurée, je me réveille en sueur » ; « Mon corps tremble, un flot constant de drogues » (My skin is cracked, waking up in sweats’ ‘My body’s shaking, a constant stream of drugs).

« Panic » poursivra cette veine introspective – « Quand je suis faible, donnez-moi un coup de pied au cul, quand je suis faible, les jours se transforment en semaines » (When I’m low, kick me down, when I’m weak, days turn to weeks) – les mots étant prononcés sur un son plus proggy que ce que nous avons entendu auparavant, avec des voix synthétisées. « Swim » s’appuie également sur cette approche plus expérimentale, car Holley donne des conseils dont nous devrions tous nous inspirer : « Vivez comme si vous ne deveniez jamais vieux, dansez comme si on ne vous avait jamais appris. J’aime comment tu vibres quand je te regarde » (Live like you’ll never grow old, dance like you’ve never been taught. I love how you vibrate when I watch).

Nous avons entendu des éléments du Manchester Orchestra dans « Jungle Skies », une chanson aux teintes sombres qui renvoie à des observations antérieures sur le disque : « J’ai pris les mots de ma bouche, un espace vide dans ma maison» ; « A la recherche d’un alibi, ce style de vie mène au suicide. La maison est là où se trouve le cœur  » (Took the words from my mouth, an empty space within my house;‘Searching for an alibi, this lifestyle leads to suicide. Home is where the heart is) et fait référence au fait d’être une « page vide ». Le fracas des percussionsqui ouvre « Pacific » capture ainsi le style brut de ce disque, alors que Holley fait des observations sur la vitesse à laquelle le temps peut s’écouler, tandis que « The Diving Bell », qui se termine, se replonge dans le tourbillon et l’hymne sonore de « Badlands ». Sur une durée de 9 minutes et demie, il ajoute des harmonies, des chants d’appel et de réponse, des riffs bruyants (pensez à Cardiacs ou Oceansize) et des paroles qui donnent la chair de poule sur la façon dont « nous pouvons faire mieux » (we can do better’).

Souvent, lorsqu’un groupe sort un album éponyme dans le cadre de sa carrière, c’est le moment pour lui de faire le point, de changer de son et de se concentrer sur ce qui compte vraiment pour lui. C’est certainement le cas de Black Foxxes, un disque qui montre une fois de plus pourquoi Mark Holley est l’un de nos auteurs de chansons les plus passionnés et les plus francs.

***1/2

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