Phil Tomsett & The Inventors of Aircraft: « The Last Things »

« Rien ne dure, voyez-vous, pas même les pensées qui sont en vous. Et vous ne devez pas perdre votre temps à les chercher. Une fois qu’une chose a disparu, c’est la fin. » (Nothing lasts, you see, not even the thoughts inside you. And you musn’t waste your time looking for them. Once a thing is gone, that is the end of it.) Paul Auster, Au pays des dernières choses.

S’inspirant de ce roman écrit en 1987 par Paul Auster, The Last Things cherche à s’isoler dans la campagne, à s’éloigner du rythme effréné de la vie urbaine pour se consacrer à quelque chose de plus contemplatif et de plus solitaire ; à rechercher le désert au sens propre après l’insatisfaction ou l’agitation. La nature est belle et bénéfique pour la santé et le bien-être de chacun, mais elle peut aussi être vicieuse et imprévisible. La campagne peut être relaxante et paisible, mais elle peut aussi surprendre quelqu’un et le laisser sous le choc, comme le public l’a découvert dans The Blair Witch Project. Une présence pressante colle à la perspective de l’isolement comme de la colle ; les branches dures et ondulantes et les champs bâillants peuvent faire germer le genre de l’horreur populaire avec facilité, et apparemment sans aucune aide supplémentaire ; elle provient de leur propre conception. Cette édition complète de Last Things comprend trois disques et de la musique enregistrée sous le nom de The Inventors of Aircraft, ce qui permet d’ancrer encore plus profondément la musique de Phil Tomsett dans le sol.

Décrit comme une lutte personnelle à travers le ronflement, le tonnerre et la terreur, Last Things est en quelque sorte un artefact audio, une relique récemment déterrée qui, lorsqu’elle est jouée, traduit la prose d’Auster en une musique de type terrestre. Last Things est resté en sommeil, retranché dans le sol humide, pendant des temps immémoriaux, assez longtemps pour s’imprégner du chant de la terre et du bruissement des champs, ne se décomposant que légèrement avec le temps. On peut tenir dans une main le contentement et une floraison de paix, mais la forêt peut aussi être sauvage, ses cabanes tenant un loup déguisé en douce grand-mère.

Last Things passe de la beauté bijoutée à la peur monumentale. D’une certaine manière, la musique est comme l’exploration d’une vieille maison, au fin fond du pays, où les araignées se sont nichées et installées, et où les planches grincent avec l’âge, n’ayant pas eu un pied sur lequel appuyer et qui bouleverse son bois. La solitude s’infiltre dans l’air, comme une contagion qui s’est faite d’elle-même, se mêlant aux capteurs de rêves de poussière qui s’amoncellent. Des morceaux tels que « I Long For Days That Never Existed » et « These Are The Last Things, She Wrote » montrent que la musique a traversé des périodes difficiles, et ses textures aux taches de mousse semblent se faufiler dans les pièces avec un langage corporel déprimé, proches du deuil avec sa tête baissée alors qu’elle semble se retirer dans sa coquille, verrouillant et verrouillant la porte de cette grande et vieille maison et ne la quittant jamais, même lorsque les vignes en pleine croissance s’effondrent sur les rebords de fenêtres et que le jour se transforme en crépuscule.

***1/2

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