Declan McKenna: « Zeros »

« Nous allons nous faire tuer » (We’re gonna get ourselves killed) ; voici un sentiment que l’on peut retrouver et éprouver dans le nouvel album de Declan McKenna, Zeros. Un disque qui utilise la dystopie comme un miroir pour exprimer les préoccupations des temps modernes, atteignant des proportions épiques de malheur imminent.

Dans un chaos époustouflant, vous vous retrouvez en orbite au-dessus de la Terre, esquivant les coups de laser du synthétiseur, essayant de trouver vos repères entre les sections de piano et les riffs qui gonflent comme des supernovas. Pour couronner le tout, un astéroïde est venu nous achever pour de bon et ce n’est que la première piste. L’influence de Bowie sur Declan est évidente, avec des moments sur les « Zéros » nés de la poussière spatiale laissée derrière quand Ziggy Stardust a navigué dans le système solaire.

Il y a un moment très cow-boy de l’espace (space cowboy) avec la chanson « Twice Your Size », qui a pris un air de Nashville, la ville où l’album a été enregistré. Les riffs flottent après avoir été imprégnés d’un swing country, avec des montées soudaines d’intensité qui ont donné lieu à certains des accroches les plus fortes du disque. Observateur intelligent des questions et préoccupations sociétales auxquelles est confrontée une génération de jeunes à ses débuts, Declan a tourné son regard vers l’humanité dans son ensemble.

Combinant l’apocalypse du passé (un déluge de proportions bibliques) et l’un des futurs théorisés (un gros rocher spatial),Zeros observe non seulement les temps modernes mais nous sert aussi de mise en garde sur la responsabilité. Après tout, nous sommes souvent distraits par les médias sociaux qui nous offrent une gratification instantanée, nous plongeant dans les profondeurs de l’internet pour trouver la meilleure conspiration qui soit et nous enfermant dans le confort du consumérisme. La Terre nous envoie des signaux sérieux sur la nécessité d’éviter un changement climatique catastrophique, mais l’apathie du capitalisme pour les actions non rentables est clairement illustrée par les paroles suivantes : « Je vais acheter un sac de crocs et des baskets Nike, un confort que vous pouvez ressentir » (I’m off out to buy a bag of quavers and Nike trainers, comfort you can feel).

SurZeros Declan McKenna a relevé la barre pour contextualiser le discours actuel, en se retirant entre-temps du récit principal. À presque tous les égards, c’est plus grand que ses débuts, il y a urgence aux instrumentaux et aux crescendos de l’opéra, tout cela pour essayer d’observer la folie. Hélas, il est temps de s’installer, de mettre ses lunettes 3D et de regarder tout cela se terminer en glorieuse haute définition.

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