Dmitry Evgrafov: « Surrender »

Le Moscovite Dmitri Evgrafov a un gros noyau de fans depuis ses débuts, lorsqu’il a sorti Lying on Your Shoulder dans une pochette en carton avec rabat.  De là, il est passé de force en force et Comprehension of Light est l’un des meilleurs albums de composition moderne de la décennie.  Sur Surrender, son son continue d’évoluer ; l’album présente l’un des arcs les plus inhabituels que nous ayons rencontrés dernièrement, refusant de se diriger là où on pourrait s’y attendre.

Rien de surprenant ne se produit au début.  « Splinte » » commence par le piano pur, l’instrument que nous associons à l’artiste.  Une minute plus tard, l’orchestre Opensound de Moscou, composé de huit musiciens, lance la chanson dans la stratosphère.  Le morceau marque une progression naturelle vers la densité ~ un changement bienvenu, mais dans le cône de l’attente.  Le premier « single », « Sparkle », poursuit le timbre orchestral et comprend une brève mais saisissante décomposition.  Puis un bref retour au piano à micro.  Si tout l’album était comme ça, nous serions ravis, mais pas défiés.  Les hypothèses sont établies avant d’être brisées.

Entrez dans le triptyque « Context / Anthropocène / Stymie ».  « Stymie » est un bon mot pour cette section, car « Context » jaillit de la quiétude des ivoires dans l’épaisseur des percussions électroniques.  Nous n’avons pas vu cela venir, ni les voix douces du morceau du milieu, reflétant un réseau neuronal apprenant à parler.  « Qu’est-ce que tu as fait ? »  Le morceau du milieu est chargé d’un sentiment de pressentiment, de pulsation et de cliquetis comme une sortie d’un thriller des années 80, jusqu’à ce qu’il ne le soit plus ; à la fin, le motif du piano de Heinali établit le point culminant.  C’est là que les notes de doublage deviennent importantes, car sinon nous n’aurions aucun contexte pour déchiffrer l’association du guzhen (cithare chinoise) avec quelque chose qui ressemble à Donald Duck.  Sans notes, la voix est perçue comme une intrusion.

Comme pour apaiser, Evgrafov retourne dans le champ orchestral pour le prochain segment du LP, qui comprend l’exquise « A Rural Song ».  Rappelant le canon classique, cette pièce reflète une complexité plus profonde pour le compositeur.  Evgrafov passe finalement de la complexité à l’intimité.  « Endless » met en scène Aukai sur ronroko, rappelant qu’Aukai a un album prévu pour la fin de l’été.  « Serene Air » et « Far and Close » seront comme une paire d’oreillers moelleux, qui font signe à la tête et rappellent Lying on My Shoulder.  Malgré sa plénitude, l’album se termine avec le compositeur assis à son piano, seul.  La boucle est bouclée, le retour à la solitude se fait tout en faisant l’inventaire d’une décennie.

La pochette est digne d’intérêt, car elle ressemble à Comprehension of Light et contient des débris plus petits.  L’impression est que l’étoile naine a continué à se développer : une métaphore facile à la lumière de la palette tonale.  Evgrafov a cédé à l’impulsion créative, permettant à la collaboration de se combiner avec la muse créative, produisant ainsi une autre œuvre mémorable.

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