MJ Guider: « Sour Cherry Bell »

Sour Cherry Bell est le deuxième  album de Melissa Guion après Precious Systems qui datait de2016 Dans les années qui ont suivi, un son plus sombre s’est infiltré dans sa musique. Sa voix est parfois submergée par une distorsion acide, et la batterie semble se pencher sur un son industriel, non seulement en donnant à ses morceaux une stabilité rythmique vitale, mais aussi en les polluant par son attitude dure et proche de la limite. Une atmosphère gothique provoque un brouillard autour de ses harmonies brumeuses, et son chant lourd en réverbération s’accorde avec l’électronique ténébreuse, presque camouflée entre la basse terreuse et la batterie, ce qui donne à la musique la mécanique du shoegaze.

En parlant de Sour Cherry Bell et de ses outils spécifiques, Guion disait qu’elle était curieuse de voir jusqu’où elle pouvait aller avec eux, même si cela signifiait atteindre les limites de leur capacité à faire ce à quoi elle s’attendait. Elle ne les a jamais épuisés et il n’y a pas d’épuisement dans ce nouvel opus non plus. En fait, la musique est vivante, elle bat, pompe, donne des coups de pied comme un bébé dans l’utérus. Sur certains morceaux, comme « Body Optics », les percussions sont immergées, restent sourdes mais sont d’autant plus lourdes que leur masse est aqueuse, comme des vêtements trempés suspendus à un cadre squelettique, qui se jettent contre le haut-parleur. Sa voix sombre entre, éclairant d’une lumière pâle les bois environnants, où les textures noueuses se faufilent comme des lianes dans les sous-bois.

Des mélodies plus vives et plus rapides éblouissent l’auditeur avec des motifs répétitifs, semblables à une transe : une euphorie informatisée, mais sa voix confère une présence humaine vitale à un monde par ailleurs numérique, qui ne passe pas par un écran brillant et immaculé ou un ordinateur de pointe, mais qui est plutôt pris dans un état de déclin permanent, un monde au bord de la ruine et de la décrépitude.  « Quiet Time » le fait parfaitement, en martelant une série de textures industrielles tout en transportant la musique directement à travers la ville nocturne. « Simulus » est le morceau phare de l’album, avec ses synthés lumineux qui s’orientent vers le cœur de l’ambient-pop, rappelant le Common Era de Belong avec ses progressions d’accords floues. Sour Cherry Bell est marié à la nuit, et sa musique propulsive ne dort jamais.

***1/2

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