Dan Croll: « Grand Plan »

En quittant a terre natale de Liverpool pour s’installer à Los Angeles, Dan Croll fait montre de sa volonté d’acquérir vraie expérience pour travailler dans la musique. Sur son disque Grand Plan, les émotions et les histoires qu’il a rencontrées se déversent ainsi dans un processus de recherche du son qui serait idéal pour lui.

Grand Plan est une collection de 12 chansons pop nostalgiques qui retracent 12 mois de sa vie – à partir de février 2018, lorsque Croll s’est retrouvé dans un nouveau pays.

Mélange d’humour, d’amour et de douleur, l’album s’ouvre sur une note de tendresse avec « Yesterday », qui rappelle la rencontre embarrassante et mal préparée de Croll avec Sir Paul McCartney. Ensuite, « Stay in L.A. » explore les aspirations créatives et incertaines qui ont poussé le chanteur à quitter sa ville natale avec un aller simple pour la Cité des Anges. 

D’une introspection charmante mais d’une relation intense, Croll enregistre les sentiments amoureux de différentes manières tout au long de l’album. Il rumine notamment sur sa connexion immédiate avec sa nouvelle petite amie sur « Work » avant de réfléchir à son amour pour sa patrie sur « Rain ».

Il oscille entre la certitude et le doute sur le morceau phare « So Dark », alors qu’il raconte l’expérience positive qu’est sa rencontre de nouveaux amis à travers un paysage sonore sophistiqué d’orgue et de guitares et « Coldbloode » nous ramènera à la contemplation, un sujet lourd, démenti par un instrument facile à jouer.

Plutôt que d’être l’esclave d’une seule entreprise musicale, Grand Plan est d’autant plus spécial pour son cœur spontané.Il s’agit d’un journal de pensées et de sentiments, d’excitation et d’anxiété, d’amour et de douleur. Croll passe facilement de l’incertitude quant à son nouvel environnement dans le morceau acoustique « Actor With A Loaded Gun» à l’épuisement inévitable dans « Hit Your Limit » », puis à l’excitation face à l’avenir sur la chanson titre.

Il termine l’album sur un moment doux-amer qui reflète la vie elle-même, alors que le délai de 12 mois qu’il s’était fixé à Los Angeles arrive à son terme. Sur l’avant-dernier morceau « Surreal », il exprime clairement son affairement face à ce que la vie peut apporter, avant de se plonger dans le chagrin et de trouver la lumière dans la tragédie sur le dernier morceau « Together ».

Ce qui rend Grand Plan si intéressant ne raside pas son écriture discrète ou sa musicalité expérimentale, mais dans la douceur et la portée du voyage individuel de Croll et la façon dont il nous emmène avec lui. On ressent ce qu’il ressent, et au bout de 12 titres, on émerge à ses côtés avec l’envie de se redécouvrir.

***1/2

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