Cults: « Host »

« Trials », le morceau d’ouverture et le deuxième « single » du dernier album de Cults, Host, s’affiche avec une ligne de basse qui rôde comme l’envahisseur charismatique que chante la vocaliste Madeline Follin – « turning down the light / till you’re the only thing I see » (baisser la lumière / jusqu’à ce que tu sois la seule chose que je vois). Les cordes tendues qui ouvrent et ferment le morceau dans un élan quelque peu grandiose de nostalgie western spaghetti ne sont qu’un signe de la nouvelle gamme que Cults recherche.

Ici, sur leur quatrième album, ils ont fait quelques changements ; Follin révèle ses propres chansons pour la première fois et ils ont enregistré en utilisant des instruments en direct, ce qu’ils n’avaient pas exploré auparavant. Cette nouvelle production, plus expansive et expérimentale, se fait lentement depuis leurs débuts en 2011 – et pourtant, on vous pardonnerait de ne pas retrouver le son plus simple de leur passé, basé sur les synthés. 

« Masquerading » et « No Risk » sont relativement dépouillés et laissent les jeunes paroles de Follin s’étirer, ce qui en fait deux des morceaux les plus immédiatement captivants ici – et, à moins de trois minutes, il se trouve qu’ils sont aussi deux des morceaux les plus courts, ce qui n’est pas une coïncidence. Ce n’est pas que tout le reste soit long, c’est qu’ils sont ennuyeux.

Mais tout n’est pas dans ces nouveaux éléments. Si les arrangements de cor et de cordes donnent une teinte naturelle et plus dérangeante qui fonctionne (surtout sur « 8th Avenue »), c’est parfois l’électronique écrasante de Brian Oblivion qui enterre les éléments émotionnels. Le meilleur exemple en est « Spit You Out », un cliquetis qui – même s’il essaie – ne va nulle part, ce qui est ironique étant donné que le sujet de la chanson est d’échapper à ceux qui vous tirent vers le bas.

Cults ont toujours eu un charme créé en grande partie par leur simple son rétro ensoleillé qui dissimulait le désespoir et l’obscurité de leur contenu lyrique. C’est toujours le cas, et avec la lente distorsion de « Shoulders To My Feet », ils ont même réussi à tordre le son et les paroles ensemble mieux qu’auparavant. Sur ce morceau, Follin considère une relation toxique et la dévotion parasitaire que nous accordons souvent à ceux que nous ne comprenons pas : « Des épaules à mes pieds, tu es tout ce dont j’ai besoin / si seulement je pouvais calmer mon esprit » (Shoulders to my feet you’re everything I need / if only I could quiet my mind).

Host est un disque cohérent dans son élan vers la liberté, et le son et les paroles l’incarnent. Parfois, cela leur permet vraiment de s’envoler, et parfois, il faut se battre pour y arriver seul. C’est formidable de voir Cults prendre des risques et aller de l’avant, mais plus que tout, cela vous fait regretter leur passé.

***1/2

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