Marsicans: « Ursa Major »

Depuis le temps qu’il existe, il est certainement surprenant que le quatuor de Leeds Marsicans s’apprête à sortir son premier album. Il est, en effet, en mouvement depuis près d’une décennie déjà, l’incarnation actuelle du groupe ayant fait ses débuts avec le EP Chivalry en 2014 – puis, comme aujourd’hui, James Newbigging (chant principal/guitare), Oli Jameson (guitare/chant principal), Rob Brander (basse/clés/chant) et Matthew McHale (batterie/chant). En attendant, ils ont sorti un album qui vaut plus que des « singles » et deux EPs (l’autre étant Absence en 2016) avant même que la question de ce premier long play ne soit soulevée – et absolument rien de tout cela n’a été retenu.

Le fait qu’Ursa Major soit composé d’un matériel entièrement nouveau témoigne de leur confiance en soi. Le fait de ne pas inclure d’anciens morceaux favoris des fans peut en surprendre plus d’un, mais ce disque représente leur prochaine étape, et il est présenté comme tel : un nouveau départ pour un groupe qui tire un trait sur son passé. Leur son indie-pop, audacieux et changeant, est présent et pris en compte, mais leur premier album indique qu’il a connu une croissance significative. L’urgence et l’effervescence sont les traits dominants du groupe, comme en témoignent « Summery in Angus » et le puissant avant-dernier morceau « Leave Me Outside ». Ils ont pris de la vitesse, et il n’est pas difficile d’entendre pourquoi sur leur premier album – son titre est un clin d’œil à la fois à leur surnom (le nom de l’ours brun de Mars) et au fait qu’il s’agit de leur première grande déclaration en tant que groupe. Une écoute audacieuse et variée, qui ouvre la porte – après une brève introduction – avec le déferlement de « Juliet », qui combine des paroles qui parlent d’anxiété et de réflexion excessive avec une jubilation musicale.

Ce genre de contraste se retrouve tout au long du disque – c’est une juxtaposition courante mais néanmoins efficace ; même dans sa forme la plus exaltante, il y a un sentiment de malaise. « Newbigging », avec ses paroles, est mis en avant sur « Dr Jekyll », qui dirige la consommation d’alcool vers une personnalité différente et exagérée, tandis que « These Days » aborde la mauvaise santé mentale et les mécanismes d’adaptation, capturant sans effort l’humeur sociétale dominante avec son refrain « Je ne veux pas sortir la plupart du temps, ces jours-ci » ( I don’t wanna go outside most of the time, these days). « Can I Stay Here Forever (pt. II) », quant à lui, traite de la division politique et personnelle, balayée par la section rythmique de Brander et McHale avant de s’animer pour son refrain, lui-même dépassé par la brève coda instrumentale qui clôt la chanson avec faste.

Le groupe sait pertinemment quand il faut mettre un frein à son exubérance et montrer son côté plus doux. « Evie » contient l’un des textes les plus touchants de l’album, suivi d’un contrôle émotionnel sous la forme de « Someone Else’s Touch » (dont la mélodie, que les auditeurs aux oreilles aiguisées remarqueront, est préfigurée dans la brève introduction susmentionnée) – la pièce maîtresse du disque qui brise le cœur et qui résonnera certainement en live une fois que le groupe sera en mesure d’emmener ce nouveau set de chansons sur la route.

Mélangeant un lyrisme introspectif à la puissance et à la grandeur dont il a longtemps été capables, Ursa Major tient la promesse du groupe après une période de gestation qui semblait insupportable. Le fait de prendre leur temps en route vers leur premier album a permis au quatuor de se maîtriser et de maîtriser leur son, tout en se posant des questions sur la voie à suivre : une réintroduction de grande envergure qui agit comme une douce remise à zéro, embrassant l’immédiateté tout en affichant une certaine dentition. Leurs griffes sont sorties, et The Marsicans sont sur le point d’avoir un impact majeur.

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