Phony Knock: « Yourself Out »

Knock Yourself Out est une bande son pour la fatigue. Sonorisée, elle convient smirablement pour vous endormir, en dégageant une aura frémissante. Elle est également faible, comme la mâchoire de tigre en ce sens.  Elle s’inspire de la dureté du shoegaze et de la nature étalée du slowcore, certains morceaux penchant fortement vers l’un plus que vers l’autre. « Waffle House » et « Turnstile Effect » sont les plus brumeux et les plus apaisants. « Relax », l’un des titres les plus forts du projet, a une sonorité captivante, et « Peach » se termine par une série de riffs puissants.  Le chant est tempéré, s’enfonçant souvent dans les instrumentaux et s’égalisant presque avec eux à plusieurs reprises. 

Mais sur le plan thématique, c’est aussi le résultat d’un sentiment de dépassement. L’exemple le plus marquant est le morceau « I’m Not Going To Your Show », qui est un message vocal du cousin de Neil Berthier, David, le frontman du Phony, l’informant qu’il va manquer le prochain concert du groupe. « J’ai une journée de dix heures le vendredi », explique-t-il, « et je dois apprendre à faire quelque chose en un jour que la plupart des gens apprennent à faire en trois jours ». (I have a ten-hour day on Friday …   « and I have to learn how to do something in one day that most people learn how to do in like, three.)

La messagerie vocale elle-même est relativement simple ; elle provient d’un homme exaspéré et accablé par lle « FOMO » (fear of missing out/ peur de louper quelque chose) qui aimerait avoir plus de temps et d’énergie. Mais quant à la décision de Berthier de l’inclure, il y a plus de place pour l’interprétation. On peut au moins en déduire que c’était délibéré, et que le stress et le désarroi de David se retrouvent dans l’écriture de l’album. Il y a des rumeurs sur le fait de subir une crise d’angoisse et de réaliser que l’on est peut-être au bord du gouffre. « Two Thousand », qui se lit plus comme un collage de paroles que comme une chanson cohérente, tourne au nihilisme et s’ouvre sur « Je crois que certains diraient que le monde est maudit pour se vider de son sang » (I believe that some would say the world is cursed to bleed away). Puis sur « Peac » », Berthier est hanté par les souvenirs idylliques d’une flamme romantique passée, mais aussi conscient de la nécessité de la laisser culminer afin de permettre à quelque chose de mieux de s’épanouir : « quand cela s’effacera dans le noir / vous ressentirez quelque chose de nouveau » (when this fades to black / you’ll feel something new).

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