James Dean Bradfield: « Even In Exile »

Cela fait 14 ans que James Dean Bradfield a fait ses débuts en solo avec The Great Western, 14 ans que sa suite était attendue et patience est, ici, parfaitement récompensée. Intitulée Even In Exile, elle documente la vie du chanteur/compositeur, poète et militant politique chilien Victor Jara, brutalement assassiné en 1973. Bradfield y fusionne sa vision musicale sur grand écran avec une série de mots écrits par le célèbre poète gallois Patrick Jones. Even In Exile emmène l’auditeur dans un paysage sonore éclectique qui fait référence à David Sylvain et Rush entre autres, ainsi qu’à des territoires plus familiers labourés dans le travail quotidien de Bradfield comme chanteur et guitariste de Manic Street Preachers.

Ayant commencé à travailler sur le projet au début de l’année 2019, Even In Exile s’est réuni au cours de la dernière année. Bradfield s’est inspiré du « Washington Bullets » de Clash (qui portait sur Jara) et de « Street Fighting Years » de Simple Minds, qui a été consacré au même Jara il y a 31 ans. Il s’est attelé à la construction d’un disque qui permettrait à la fois de sensibiliser à l’héritage du poète tout en rendant à son sujet la justice qu’il mérite. Ainsi, « La Partida » du sixième album de Jara, El Derecho De Vivir En Paz, est couvert de façon exquise. Le ton particulier et affecté de Bradfield ajoute une touche poignante.

Ailleurs, Even In Exile propose de subtiles ballades acoustiques comme « There’ll Come a War », tandis que « Santiago Sunrise », plus proche, offre des complaintes à la fois provocantes et sombres : « Tu ne traverseras jamais la rivière si tu as peur de te mouiller » (You’ll never cross the river if you’re scared of getting wet) chante Bradfield sur ce dernier titre. Tout en restant optimiste sur le film biographique « The Boy From the Plantation » et même en s’éclatant sur « Without Knowing the End (Joan’s Song) », Even In Exile se réjouit de l’optimisme qu’il inspire, à savoir que tout est possible si l’on est prêt à se battre pour cela.

Cet opus est tout sauf un stop entre les disques de Manic Street Preachers. S’appuyant sur les bases impeccables posées par son successeur en 2006, Even In Exile est un album qui illustre pleinement la stature de Bradfield en tant qu’artiste solo de renom.

***1/2

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