Mildlife: « Automatic »

Le quatuor australien de cosmic-rock Mildlife est de retour avec une belle brassée de grooves astraux et spaciaux. Mildlife est, en effet, un groupe qui n’a pas honte de faire ses propres trucs, mais qui donne une impression très agréable et dansante à son message musical.

Après le succès de leur premier album en 2018, Phase, Automatic avait, fait avancer le groupe dans son évolution, vers ce que l’on ne peut qu’imaginer que comme une trajectoire ascendante continue.

Le morceau d’ouverture, « Rare Air », possède une intro spacieuse et planante avant que les synthés (Kevin McDowell) ne commencent à construire progressivement la chanson, laissant la place à la section rythmique serrée de Tom Shanahan à la basse et Jim Rindfleish, qui a en fait conçu leur premier album, avant de passer derrière la batterie de Mildlife. Il y a un air d’infini et d’aspiration sans fin dans cette compositiond’une durée de presque sept minutes : « Les yeux fixés loin devant, l’horizon jamais rencontré… » (Eyes fixed far ahead, the horizon never met…), un climat qui ne traîne aucunement tant il fond et suinte autour de vos oreilles.

« Vapour », le deuxième « single » de l’album, commence par une ligne de basse puissante de Shanahan. Les pauses à la flûte d’Adam Halliwell donnent au morceau un aspect tribal, presque amazonien (ou peut-être même doutback australien), qui contraste avec le chant robotique de McDowell.

Le plaisir qu’on a à écouter Mildlife tient en partie au fait qu’il est difficile de les placer dans un genre particulier. On peut émettre des comparaisons avec des groupes comme Kraftwerk et Stereolab, mais une grande partie de leur son peut être indéfinissable et touche à une grande variété d’influences, de Miles Davis et John Coltrane à Pink Floyd et Can. Mildlife sont imprévisibles et inhabituels, mais ils possèdent beaucoup de savoir-faire, de structure et de substance.

Cet élément d’imprévisibilité se retrouve dans « Downstream ». Certaines des voix ici ont des échos de Manchester de la fin des années 80 et du début des années 90. On y trouve comme un air de confiance en soi lorsque le rythme funky démarre sur ce morceau. Il ralentit ensuite de façon spectaculaire vers le milieuu avec un effet de vent hurlant – donnant une impression presque cinématographique, avant d’être secoué une fois de plus par un exquis coup de guitare de Halliwell.

Le rêve et la recherche de « Citations » s’effacent sans interruption par rapport au morceau précédent, se tournant et se retournant dans des directions intéressantes et inattendues. « Memory Palace » est ludique mais inoffensif et quelque peu oubliable. Ses synthés acid-house sont dépourvus de tout chant, avec une fin abrupte. Pour le final, Mildlife garde le meilleur pour la fin dans la chanson titre. « Automatic » est une soupe funky de beats serpentins et mélancoliques – « rampant lentement, évoluant lentement… » » (slowly crawling, slow evolving…) – un titre pourrait nous faire gonfler la poitrine avec toute l’exubérance des Talking Heads à leur meilleur. La version vinyle de la chanson comporte un « groove verrouillé », ce qui signifie qu’il se répète à l’infini jusqu’à ce que vous décidiez vous-même d’y mettre fin. Ce n’est pas du tout unemauvaise idée que de terminer de cette manière.

En effet, on voit que le groupe se déplace clairement et sans effort entre le live et l’enregistrement en studio. Cet album est très agréable à écouter chez soi, mais Mildlife le portera sans doute à un autre niveau dans un environnement live. Même si nous devons attendre quelques mois de plus pour que cela se produise…

***1/2

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