Liar, Flower: « Geiger Counter »

KatieJane Garside est un personnage culte de la scène alt-rock depuis plus de trente ans maintenant. Connue de la plupart des gens grâce à son travail avec Daisy Chainsaw et Queenadreena, elle revient maintenant avec son dernier projet, Liar, Flower, aux côtés de son collaborateur, le guitariste Chris Whittingham.

Tous deux ont déjà collaboré auparavant, produisant quatre albums sous le nom de Ruby Throat. Cependant, alors que ces albums avaient une orientation plutôt folk ce dernier opus voit Garside revenir à ses racines plus dures. Il est peut-être plus juste de dire que ce projet constitue un pont entre ces deux formes qui se situent quelque part entre le néo-folk de Ruby Throat et l’art-rock de Queenadreena.

L’album oscille entre ces deux pôles tout au long de son parcours, commençant par la douce folk auarcique de « I am Sundress (She of Infinite Flowers), » complétée par le chant chuchoté et presque enfantin, de Garside, avant de se lancer dans l’attaque à la guitare de « My Brain Is Lit Like An Airport ». Cette fois-ci, la voix de Garside se transforme en un véritable grondement.

Ce dernier morceau est l’un des nombreux à comporter des paroles mystérieusement surréalistes à l’image du refrain suivant : « Mon cerveau est éclairé comme un aéroport, donc les anges me trouveront » (My brain is lit like an airport, so the angels will find me). L‘étrangeté n’est pas strictement contenue dans les paroles, il y a aussi beaucoup de moments musicalement bizarres, comme sur « Broken Light », un morceau magnifiquement mélodieux qui se termine par ce qui ressemble à une harpe assassinée. Ou, plus curieusement encore, le punky « Even Through The Darkest Clouds », qui possède une alarme de téléphone portable, se déclenche dans l’outro comme si le duao de musiciens avait besoin qu’on lui rappelle la fin du morceau.

Ces bizarreries ne nuisent pas nécessairement à l’album. Au contraire, cela ne fait qu’ajouter à l’atmosphère merveilleusement décalée que le disque construit tout au long de ses moments les plus calmes et les plus bruyants.

Le morceau le plus étrange de tous (et l’un des points forts) est peut-être « Little Brown Shoes ». Le travail de guitare décalé de Whittingham en fait la bande sonore d’un funhouse dément. Les jappements et les hurlements de Garside ne font qu’ajouter à son atmosphère nettement sinistre.

Tous les morceaux ne se révèlent pas aussi captivants et excentriques que celui-ci, mais il y a très peu de maillons faibles tout au long des douze titres. S’il y a une vraie critique à faire, c’est que certains des morceaux les plus rock mentionnés ci-dessus souffrent un peu d’une trop grande familiarité. Ils n’auront certainement pas de surprises pour les fans de Queenadreena et auraient pu sortir n’importe quand entre la fin des années 90 et aujourd’hui. Au final, pourtant, il faut admettre que bien eu d’albums tentent d’intégrer des sons aussi variés que l’art-rock, le folk, le psychofolk, Riot Grrrl, et même un peu d’electronica. Plus rares encore sont ceux qui ont réussi à le faire de manière cohérente. Et c’est précisément ce que Liar, Flower a réussi à réaliser sur Geiger Counter.

***1/2

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