Hurts: « Faith »

Hurts a toujours été un duo difficile à épingler. Énorme dans toute l’Europe tout en ayant un peu de mal à reproduire ce succès ici au Royaume-Uni, le tandem de Manchester a tranquillement construit un catalogue lourd d’émotion et de grandiloquence en ré-outillant le modèle pop électronique selon ses propres désirs.

Ce nouvel album, leur quatrième à ce jour et le premier depuis un Desire datant de 2017, leur donne l’espace nécessaire pour remanier tranquillement leur son, en y introduisant des éléments nouveaux tout en restant fidèles aux textures gothiques qui leur ont valu un tel succès sur le continent. Une pop accomplie qui joue avec des formules electro tout en s’ouvrant rarement sur de nouvelles voies, c’est néanmoins une expérience agréable, qui équilibre une créativité curieuse avec des pics émotionnels en pleine expansion.

La première partie de « Voices », par exemple, ajoute une teinte latine à la Rosalia grâce à cette ligne de guitare, tandis que le phrasé façon opéré de Theo Hutchcraft rappelle l’âme perdue de Billy MacKenzie de The Associates. « Suffe » » est une ballade pensive, enveloppée dans l’obscurité, le genre de bombardement que peu de groupes peuvent réaliser avec un aplomb aussi naturel.

Mais il ne s’agit pas ici que des nuances de pop crépusculaire. La production de « Fractured » semble canaliser le futurisme de Missy Elliott depuis son apogée à la fin des années 90, les capacités d’Adam Anderson étant poussées à leur limite. De même, l’électronique scabreuse de « Somebody » pousse Hurts dans un tout autre domaine.

En fin de compte, Faith porte t’émoignange du groupe dans le cadre esthétique qu’il s’est, peu à peu, forgé. Curieusement, c’est aussi leur quatrième album d’affilée à utiliser un titre en un seul mot. Hurts sait ce qu’il fait, et bien que certains changements soient marqués – une utilisation accrue des tropes de future-pop, par exemple – l’album est un renforcement habile de sons familiers.

En se terminant par une tentative de trouver l’espoir au milieu du désespoir avec « «Darkest Hour », Faith est façonné pour faire vibrer l’armée de ses fans, en équilibrant des idées nouvelles à sa mélancolie glamour.

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