Everything Everything: « Re-Animator »

Les héros art-pop de Manchester apprennent à faire la lumière sur la sélection de onze titres Re-Animator, d’une grande créativité. Ce cinquième disque du groupe se veut inspiré, dépassant la dystopie mondiale de Get To Heaven de 2015, tout en retraçant les touches personnelles qui ont fait de l’ensemble A Fever Dream nominé aux Mercury en 2017, un véritable rêve.

Le générique « Lost Powers » louvre l’album sur un cri d’alarme, avec les superbes notes de falsetto de Jonathan Higgs qui se mêlent à quelque chose d’un peu plus brut. Puissant et lettré, « Big Climb » utilise des couches de pop béatifique, avant de culminer dans ce plaidoyer désemparé : « J’ai peur qu’ils nous tuent tous… » (I’m afraid they’re gonna kill us all…)

Disque mince et tendu tout en permettant une incroyable ampleur, Re-Animator est animé par un réel sens de l’objectif. « It Was A Monstering » traverse Radiohead de l’époque Kid A, illuminant ainsi l’humanité, tandis que la pop synthétisée de « Planets » aspire à une évasion en gravité zéro dans sa touche mélodique.

« Arch Enemy » est, quant à lui, imprégné de la monstrueuse paranoïa de 2020, mais le groupe vise ici à être plus direct. Refusant de tirer sur la corde, les gants de Everything Everything ont beau être décorés de paillettes, ils sont ciselés par des contreforts en acier avec un Jonathan Higgs qui crache pratiquement ses mots.

Cela ne signifie pas, toute fois, que Re-Animator est un disque politique – du moins, pas dans le même sens que Get To Heaven. Au contraire, il semble être un concertina des meilleurs travaux du groupe – « In Birdsong » est charmant et quasiment angélique dans son expérimentalisme digi-pop, tandis que « Violent Sun » voit chacun de ses sens s’ouvrir vers l’extérieur en une sorte de surcharge mélodique.

Re-Animator est un disque d’une puissance soutenue qui rassemble les meilleurs éléments du groupe, offrant quelque chose de complexe mais d’accessible. Parade étincelante de la future pop, éclairée par une vision personnelle, Everything Everything charme par une ouverture d’espriit dont on espère qu’elle perdurera encore longtemps.

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