Barely Civil: « I’ll Figure This Out »

De l’emo du Middle West ; avec le travail de pionnier de groupes comme American Football, Cap n’ Jazz et The Get Up Kids au milieu des années 90 et sa récente résurgence sous des groupes comme The Hotelier, The World is a Beautiful Place et Into it, Barely Civil a fait ses preuves en tant que niche générationnelle clé dans le renouveau de l’émotion. Originaire du Wisconsin, le combo s’est annoncé comme un compatriote prometteur de la communauté avec un premier album We Can Live Here Forever, sorti en 2018. Cette sortie, comme celle de ce deuxième opus, semble familière. À savoir, être résent et correct, c’est tout ce que l’on peut attendre du sous-genre : les refrains chantés, les guitares qui piaillent, les mélodies arpégées – Barely Civil ressemble à leurs aînés. 

Bien que dérivé, le groupe sonne bien au-delà de ses années : ils savent à quoi, ou à qui, ils veulent ressembler et ils le font avec compétence et conviction. Sur I’ll Figure this Out, le groupe se retrouve à réfléchir à son développement personnel et à un meilleur avenir grâce à son introspection et à son honnêteté émotionnelle typiques. L’album a une propension post-rock pour la mélodie calme/vif : « Graves Avenue » oppose le chant feutré du frontman Conor Erickson à des guitares qui claquent et à une batterie qui bat la chamade ; « North Newhall » suit le mouvement, ponctuant les guitares qui claquent de « blast beats » sporadiques.

Ce n’est pas nouveau, en fait, c’est sur cela que American Football et The World is a Beautiful Place ont construit leurs carrières respectives, et on peut le voir venir à un kilomètre d’ici. 

Il y a quelques points forts : » Box for my Organs » combine la « bombasserie » sonore et la vulnérabilité émotionnelle à l’effet d’excitation de l’âme et T »he Worst Part of December » propose une méditation astucieuse et sobre sur le déclin de la vingtaine. Ces moments forts sont cependant trop peu nombreux et trop éloignés pour que l’album ne soit qu’une imitation de ses influences réalisée avec compétence. 

Barely Civil a besoin d’avoir un peu confiance en ses capacités, c’est une équipe incroyablement soudée et elle fait ce qu’elle fait avec des prouesses impressionnantes. On ne peut pas s’empêcher de penser que le désir du groupe d’imiter ses ancêtres les a empêchés de réaliser leur potentiel.

***1/2

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