Beach House: « Depression Cherry »

Il est possible que quelque chose d’exceptionnellement dévastateur se cache dans les minces crêtes d’un disque – surtout s’il est si étroitement lié aux moments d’une relation personnelle. 

Lorsque on entend pour la première fois cet album on se sent immédiatement absorbé dès que l‘intro de « Levitation » résonne aux oreilles. Quand la voix forte de Victoria Legrand est arrivée, même à travers mes petits haut-parleurs, on se retrouve soudainement dans un autre endroit, enveloppé.

Depression Cherry n’est pas de ces plus luxuriant et velouté mais, d‘une certaine manière, cependant, il semble que chaque fois que l’on joue l’album, il s’améliore ; il est rempli du genre de chansons qui vieillissent avec vous – transportant les souvenirs d’hier dans le futur avec une certitude encerclante.

« Space Song, » l’une des chansons les plus complexes et les plus artistiques de l’album, est d’une compréhension qui donne les larmes aux yeux : « Il était tard dans la nuit, tu t’es accrochée / D’une mer vide, un éclair de lumière / Il faudra un certain temps pour te faire sourire / Quelque part dans ces yeux, je suis de ton côté ». (It was late at night, you held on tight / From an empty sea, a flash of light / It will take a while to make you smile / Somewhere in these eyes, I’m on your side). C’est une berceuse pour pleurer – la compréhension de la naïveté, de l’éloignement, tout en persévérant néanmoins. Les chansons de Depression Cherry dévoreront votre sentiment d’identité, vous rendant impuissant face à tout sauf aux sombres instrumentaux et au synthétiseur d’écrêtage. C’est un sentiment vers lequel on revient, encore et encore.

C’est aussi un rappel qu’il y aura toujours un moyen de « se remettre en place » Il y aura toujours une maison pour chacun dans ce disque qui tourne et tourne encore.

Il y a une certitude dans la tristesse. Il y a une certitude dans le fait de savoir que vous vous donnez entièrement à un autre et que cela pourrait vous quitter n’importe quand. « Beyond Love » résume ce savoir, l’art de savoir, comme Victoria Legrand le décrit dans la vision : « Cet homme vient à moi / Le cœur brisé a fait cela / On lui a fait croire / Qu’il devrait vivre sans cela » (his man comes to me / Heartbreak did this / He was made to believe / That he should live without it).

Nous choisissons tous de risquer cette blessure, de risquer d’éteindre les lumières, de risquer de découvrir ce qui se passe avec eBeyond Lovee, mais Victoria Legrand explique que tout ce qu’elle sait, c’est ce qu’elle voit. Tout ce que nous pouvons voir, c’est ce qui se trouve devant nous à ce moment-là. La peur de la perte ne peut pas nous arrêter du présent, sinon elle nous empêchera de vivre.

Legrand m’a appris que lorsqu’elle demande « Es-tu prête pour cette vie ? », il n’est pas besoin de dire quoi que ce soit. Il suffit de prendre le monde tel qu’il est, de fermer les yeux et de faire confiance. Comme nous le savons tous, avec une grande certitude : « ça ne durera pas éternellement, ou peut-être que si »  (it won’t last forever, or maybe it will).

***1/2

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :