Lucy Feliz: « Last Of The Sun »

« Des rêveurs coincés dans leur chanson » » (Dreamers stuck in their song)– cette phrase résonne dans « Paradise » de Lucy Feliz. Eh bien, il ne serait pas dérangeant d’être dans cette situation durant tout le déroulé de l’album. Last of the Sun, le deuxième opus de l’auteure-compositrice-interprète folk de Brighton, est plein de soleil, de nostalgie d’enfance et d’un peu de magie. C’est à cela que ressemble un été indien.

Trois ans après la sortie de son premier album, Ancestry, sous le pseudonyme Los Feliz, Feliz est de retour et invite les auditeurs à un voyage musical à travers ses paysages de rêve. Le nouvel album a été enregistré en Nouvelle-Zélande et produit par Ben Edwards (Julia Jacklin, Nadia Reid, Aldous Harding). Si loin de chez elle, elle a jeté un regard sur sa vie, rassemblant réflexions et souvenirs en dix chansons. 

Le titre d’ouverture, « Cowgirl », montre que Feliz a une marque unique sur la scène indie-folk. La chanson est nostalgique et rêveuse, avec de délicats synthés chatoyants comme un filtre chaud sur les photos, mais elle a quelque chose d’intangible en dessous, à la fois terreux et magique. L’ensoleillé éMagic Hour » a été le premier « single » et le premier clip vidéo mettant en scène Lucy Feliz vêtue d’un costume doré et scintillant, dansant sur la plage. Elle chante l’au-delà du point de vue de la petite fille, qui veut croire en des visions plus optimistes que celles qu’elle connaît de l’église catholique. Le deuxième » single », « Last Laugh », est, comme le dit Feliz elle-même, une « histoire de passage à l’âge adulte, qui évoque le moment où un enfant réalise qu’il ne vivra pas éternellement », et sonne comme une chanson oubliée datant des années 1990. La musique de cette époque a également une influence dans « Werewolf » et dans les histoires d’une crise interplanétaire de quart de vie (« Mars »), ce qui détermine fortement le son de l’album.

Feliz nous invite dans son imagination où nous pouvons nous plonger paisiblement dans sa voix légère et riche et dans les sonorités célestes de sa guitare réverbérante. Dans ses paroles introspectives habitent la famille et les vieux amis ainsi que des créatures fantastiques, des fleurs sauvages, des planètes et des cristaux. C’est une vision cohérente avec son art de la conception (livret en CD et merch avec d’adorables illustrations inspirées de l’astrologie et créées par Feliz elle-même). En dessinant des paysages musicaux, elle libère l’enfant qui est en elle, qui s’habille et regarde le ciel. Avec mélancolie, elle observe ce qui est derrière et embrasse ce qui attend. La dernière chanson de l’album, « Strange Allure », une belle ballade de chambre, apporte ce mélange complexe et prend une nouvelle dimension dans les temps étranges de l’enfermement récent. 

Quitter le Pays Imaginaire est ce que nous pleurons souvent tout au long de notre vie d’adulte. Heureusement, nous pouvons toujours revenir non seulement à notre passé, mais aussi aux mondes magiques que nous avons créés quand nous étions enfants. Arrêtez-vous une minute et regardez le passé avec un sourire, une humeur fondante et une tendre ironie.

***1/2

 

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