Tim Bowness : « Late Night Laments »

Tim Bowness présente ici une collection éthérée de nouvelles chansons qui, malgré le cadre tranquille, ont un noyau dur et dérangeant. Le profil de notre auteur-compositeur a été très chargé par le passé. Non seulement il a sorti un album avec Peter Chilvers et un disque avec Steven Wilson, mais il s’est aussi occupé des podcasts de The Album Years (également avec M. Wilson) et a eu le temps d’enrichir son catalogue solo.

Pour un musicien qui prend le temps de satisfaire son haut degré de perfectionnisme, Late Night Laments a évolué étonnamment rapidement. Il n’est donc peut-être pas surprenant que l’album soit relativement dépouillé mais que Bowness soit instantanément reconnaissable. Des arrangements frais et rayonnants cachent une noirceur lyrique.

Musicalement, le son vibraphone/marimba du batteur Tom Atherton, dont le travail de jour est rendu obsolète dans la palette musicale, prédomine. Pas besoin des roulements et des culbutes qui marquent « The Warm Up Man Foreve »r ou de l’intensité des bruits sourds de « The Great Electric Teenage Dream ». Late Night Lament est un opus sur la délicate guitare glissando, les atmosphères de Barbieri et le mystérieux dianatron.

Le climat général est étrangement calme. Bien sûr, la présence de Steven Wilson plane sur le mixage, mais la contribution la plus révélatrice est le solo en spirale de Kavus Torabi sur l’onirique « I’m Better Now », une chanson où le personnage semble avoir accepté ses démons et étouffé ses sentiments intérieurs.

En travaillant avec le partenaire de longue date de Plenty, Brian Hulse, le duo a percé le secret de la combinaison d’une musique luxuriante et séduisante avec une série de thèmes sombres et inquiétants. Collez une un marque-pages dans le livre de paroles et vous trouverez appal à la tendresse comme pour remettre sur le droit chemin comportements déviants et âmes troublées.

D’ailleurs, sur le plan des textes,les thèmes de l‘album vont inclure les clivages générationnels l’exclusion sociale, et l’histoire vraie d’un auteur d’enfants très apprécié et sa descente dans la folie.

Malgré tout l’isolement, le regard mélancolique et le sentiment de perte, on n’utilise guère d’instrument pour exprimer sa colère. Les concoctions intimes qui vous font retenir votre souffle sont presque un retour à ce que Nick Drake pourrait faire de nos jours. Le tout est agrémenté de la merveilleuse imagerie artistique de Jarrod Gosling, un personnage immergé dans une bulle de réflexion, qui dévoile les trésors des ruminations de Tim Bowness.

Il a le don de vous séduire avec une douceur sous laquelle se cache ce qui pourrait être à la fois inconfortable et intensément émouvant – surtout si le thème est pertinent sur le plan personnel. « I thought that I was empty and empty I’d remain » pourrait être la ligne clé de l’album sur « One Last Call » mais ce n’est pas une surprise car Late Night Lament est totalement absorbant et fait réfléchir. Ce pourrait être l’écoute facile la plus intense que vous ayez eue depuis longtemps. Un album fait pour que vous vous installiez dans votre fauteuil confortable, que vous tiriez les rideaux et que vous vous perdiez dans votre propre monde.

***1/2

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