Harry The Nightgown: « Harry The Nightgown »

Ce qui a commencé comme une petite expérience amusante en 2019 entre Sami Perez (Cherry Glazerr, The She’s) et Spencer Harting, un habitant de Los Angeles, est devenu un projet beaucoup plus sérieux sous le nom de Harry the Nightgown. Au cours des deux derniers mois, le duo a sorti une poignée de « singles » qui culmineront avec leur premier album ; un rêve éclectique, éponyme, indie, plein de douceur et de vulnérabilité, qui a aussi une certaine nervosité.

Harry the Nightgown est l’un de ces groupes où il devient impossible de coller une étiquette sur eux. Voyage exaltant d’expériences pop, le disque parvient à toucher à la musique alternative, pop, acoustique et punk, pour n’en citer que quelques-unes. Ce groupe a créé sa signature sonore unique en moins d’un an et est maintenant prêt à la donner au monde entier.

En début d’album, « Tough Love » ressemble à un rêve, un morceau aux douces harmonies et à la guitare acoustique. Les paroles ne sont pas aussi paisibles que la musique le laisse entendre, car elles couvrent au contraire une relation difficile, pleine d’incertitudes et de douleur. Métaphore parfaite de « Tough Love », le contraste entre les instrumentaux oniriques et les paroles douloureuses est ici profondément marquant. Une guitare électrique entre en jeu sur « Pill Poppin’ Therapist », toutefois, et les progressions d’accords un peu inhabituelles font ressortir ce morceau en particulier. Il est censé vous mettre mal à l’aise avec son caractère imprévisible, et il s’avère ainssi marquer un changement par rapport à « Tough Love », ceci en moins de deux minutes.

« Tree Fall » commence raavec des sons électriques qui pourraient facilement être échantillonnés directement à partir d’un jeu vidéo, et Perez chante angéliquement au sommet d’un instrumental inhabituel tandis qu’une guitare fait doucement son propre truc. C’est un autre morceau expérimental avec une grande variété de sons et, malgré sa composition complètement différente des précédents, le titre s’intègre parfaitement dans l’univers de l’album.

Alors que les « singles » « Pill Poppin’ Therapist » et « Ping Pong » sont respectivement des chansons post-punk et pop-rock éclectiques, « Babbling » fait dans l’indie-rock onirique avec des voix douces et une structure particulière. Bien sûr, les auditeurs s’attendront à une étrange dynamique sur un disque aussi ancré dans l’expérimentation, et Harry the Nightgown incarnera exactement cela. Il est impossible de prédire si le disque sera lent ou rapide, rock ou pop, familier ou étrange, mais c’est exactement ce que les auditeurs doivent attendre de ce groupe. Cette sortie ne tient pas dans une boîte et chaque chanson est complètement différente, mais en tant qu’album, cela représente un ensemble de compositions parfait.

« Untippable » est un autre de ces titres tout à fait unique ; il s’ouvre de manière assez inquiétante avec des samples sombres avant que la voix de Perez n’arrive. Pendant un moment, on a l’impression que le morceau a une vibration similaire à celle de « Tree Fall », mais soudain, les percussions arrivent avec un rythme semblable à celui de Twenty One Pilots et le morceau incarne ce à quoi TØP ressemblerait s’ils étaient moins commerciaux et plus orientés vers les genres gothiques. Ce morceau a le même beat énergique et les mêmes samples spatiaux qui ont fait la renommée du duo originaire de l’Ohio, à l’exception du fait qu’il est plus expérimental et plus extraterrestre.

Plutôt un’être chanson indie-rock à la manière de Harry the Nightgown, « The Boid » possède un piano qui joue un rôle intéressant avec, en particulier, des mélodies jouées en staccato qui dégagent une agressivité et une précipitation telles qu’elles s’opposent de façon intéressante au reste.

Les instruments de « March Of The Angry Man » sont dissonants et expérimentaux et, une fois encore, le chant de Perez est très délicat et apaisant. Cette combinaison est sans aucun doute ce qui fait la signature sonore du groupe, avec des échantillons et des échos inhabituels qui semblent tout droit sortis de l’intro de « Stranger Things ». 

« In My Head » est composé de synthés, de cloches, de voix, de batterie… et c’est un morceau qui est loin d’être conventionnel. Les samples agressifs s’orientent vers ce qui ressemble à quelque chose, avant d’être brusquement coupés lorsque « In My Head » saute d’une émotion à l’autre, devenant une chanson plus douce avec un chant harmonieux. Ce changement ressemble à une métaphore, il est puissant.

Le dernier morceau, « What Makes Life So Hard », est une chansonde chamber-pop. C’est extrêmement expérimental, avec des échantillons aléatoires, et les paroles sont des phrases simples et répétées. Il est en fait assez audacieux de terminer l’album par une chanson plus courte et plus facile à gérer après un catalogue d’efforts extrêmement expérimentaux et audacieux.

Harry the Nightgown est un groupe unique en son genre. Que vous vouliez les appeler indie, expérimental, pop ou alternatif, il est impossible de nier leur inventivité et leur talent. Il est courageux de leur part de présenter cette abstraction avec autant d’audace sur leur premier disque, ce qui en fait un groupe sur lequel vous devriez garder un œil.

***1/2

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