Jess Cornelius: « Distance »

Le titre des débuts en solo de l’auteure-compositrice-interprète Jess Cornelius peut être considéré sous plusieurs angles. Plus précisément, Distance se rapporte au kilométrage entre son lieu de naissance en Australie et un récent déménagement à Los Angeles. Mais une fois que l’on creuse dans les paroles de ses chansons, d’autres significations du mot deviennent claires.

Il y a la distance physique qui consiste à sortir de la chambre, puis de la salle de bain, à passer par la cuisine et à se rendre à la porte d’entrée après une aventure d’un soir, tout en se demandant si elle ne devient pas trop vieille pour cela. Cela se reflète dans les paroles de « The Kitchen » ; « Je vieillis/Les gens me disent que je devrais/trouver quelqu’un à qui s’occuper » (I am getting older/People tell me I should/Find someone to look after.).  Il y a aussi la distance entre Jess et un amant au Royaume-Uni sur « Here Goes Nothing » et entre elle et les relations en général en se demandant comment elle peut avancer dans les interactions sur « Palm Trees » »en chantant « Have I loved anyone?/I cannot say/My heart is so red one minute/And black the next day/And can we love anyone ? ».

Ces distances ne sont pas uniques à elle. Même si la plupart de ces chansons n’ont pas de résolutions simples ou logiques, leur pop facile à vivre, pleine d’âme et parfois apaisante, dans le style de Los Angeles, rend les concepts souvent troublants faciles à comprendre. Il est bon que Cornelius possède une voix frappante, un peu comme celle de Kate Bush, qui coupe à travers le support plus lisse en faisant bouillonner la douleur et l’émotion au premier plan. De cette façon, certaines chansons résonnent comme une combinaison d’un Roy Orbison féminin et de Nicole Atkins.

De temps en temps, Cornelius repousse les limites de la musique comme elle l’a fait dans ses années d’artier, plus audacieuses, avec son groupe précédent, Teeth and Tongue. C’est le cas dans « Born Again », une ballade folk qui se résume à une harpe à cordes pincées, une guitare à cordes de nylon et de subtils synthés, alors qu’elle chante « Avez-vous jamais voulu être aimée à ce point ? » ( Have you ever wanted to be loved so bad?) On trouvera aussi quelques touches rétro, notamment sur « Street Haunting », qui aurait pu émerger de la scène de Laurel Canyon à Los Angeles dans les années 70.

Il faut quelques pirouettes pour que certaines de ces chansons se rejoignent. Mais lorsqu’elles le font, les couches de mots, la production, le chant et l’instrumentation se combinent pour un regard complexe sur un artiste solo récent, en conflit mais déterminé à réfléchir sur une vie encore en voie de résolution.

***

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.