Lamia Vox: « Alles ist Ufer. Ewig ruft das Meer »

L’ambiance sombre et richement décorée de Lamia Vox a fait forte impression en 2013 via Sigillum Diaboli, où Alina Antonova a mis en scène des éléments capiteux de rituel et d’industrie martiale. Après une absence de près de sept ans (et un déménagement de la Russie à Prague), le retour d’Antonova avec Alles ist Ufer. Ewig ruft das Meer emmène Lamia Vox dans un nouveau territoire et trouve des instruments adaptés à ses objectifs esthétiques ambitieux.

Si certains passages rythmés rappellent encore le côté martial de Siggilum Diaboli – voir les cordes et timbales austères de « Song Of Destiny » -, beaucoup de choses ont été ajoutées à Lamia Vox dans les années qui ont suivi. Les voix ont beaucoup d’espace, Antonova murmurant alternativement des incantations à l’avant et faisant glisser des gémissements à l’arrière des arrangements. Les hochements de tête à la poésie symboliste et autres signes de la fin du siècle sont faits avec une solennité feutrée et un enthousiasme extatique.

Avec ces intérêts poétiques et thématiques à l’esprit, Alles ist Ufer dérive souvent dans des humeurs cryptiques et secrètes et trouve l’instrumentation qui convient.

Les lignes délicates mais incisives du dulcimer martelé sur « Eternity » et « Dionysios » suggèrent Dead Can Dance ou Judgement Of Paris, et la percussion acoustique sur ce dernier évoque joliment les cultes et rites mystérieux. Cette évolution vers une instrumentation plus néo-classique fait parfois partie du côté bombardé de Lamia Vox, comme dans le tourbillon enthousiaste de « I Call The Stars On High », mais la capacité d’Antonova à livrer ces éléments dans des compositions plus douces laisse autant, sinon plus, d’impression.

Qu’elle soit grandiose ou isolée, Antonova fait preuve d’un grand talent pour sculpter et exécuter ses compositions sur Alles ist Ufer. Ewig ruft das Meer. Aucun élément n’use leur accueil, et bien qu’il y ait une unité thématique dans l’ensemble du dossier (économiquement bref), chaque pièce se développe et se suffit à elle-même. Il est facile d’écrire du dark ambient et tout aussi facile d’écraser du martial industrial, mais en tant qu’entité, Lamia Vox sait comment catalyser au mieux ces sons et sa myriade d’autres successeurs.

***1/2

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