Proper : «I Spent The Winter Writing Songs About Getting Better»

Être gay, noir et emo, c’est une accroche, un différenciateur pour ce groupe emo de la cinquième vague. Ou est-ce la sixième vague à ce stade ? Quoi qu’il en soit, ce groupe non googlable nommé Proper, a trouvé une niche dans un domaine très fréquenté, mais sous-estimé, des groupes punk-pop émotionnels modernes.

Ce genre peut être soit super-direct, soit super-obtus. Proper. reprend la première tactique, en rendant tout super-personnel, en insérant autant de mots que possible dans les phrases. C’est un peu une attaque maniaque d’autodérision, une misère de lycée à l’ancienne sur des mélodies enjouées. Vous savez, s’ennuyer, sécher les cours, être rejeté, être rejeté parce qu’on est bizarre. Et puis grandir avec tout ça qui rôde sous la surface. Ou, dans le cas de Proper, au grand jour.

Mais, en plus des plaintes habituelles concernant le fait d’être trop maigre ou d’aimer une musique différente de celle de toutes les masses sans cervelle (bien qu’il y en ait une partie), le chanteur/compositeur principal, Erik Garlington, introduit la race et la sexualité d’une manière qui semble correspondre naturellement aux thèmes du genre. Il ne fait qu’ajouter une couche supplémentaire à un récit déjà bien chargé qui consiste à essayer de grandir dans des régions du monde qui n’apprécient pas ou ne valorisent pas le rock ‘n’ roll en général. Les gens sont stupides. Et c’est pourquoi nous avons l’émo.

Le truc, c’est que Garlington peut écrire un morceau. Est-il le meilleur chanteur du monde ? Pas vraiment. Mais il fait des chansons et des mélodies qui sont très modernes. Et les mélodies et les thèmes sont universels et aussi vieux que le temps : C’est dur d’être un adulte. Toutes les choses de notre passé nous affectent, et toutes les choses actuelles qui se dressent sur notre chemin ne font qu’aggraver et amplifier ces problèmes. Le contenu peut être brut et éclairant. La musique est libre, en zigzag et en zag, ce qui bat l’enfer accord de puissance après accord de puissance (ce qui est parfois bien, mais pas toujours).

J’ai écouté cet album encore et encore et il y a juste quelque chose d’unique que je n’arrive pas à mettre le doigt dessus. C’est peut-être la spécificité des paroles. C’est peut-être la grande dynamique de la musique (j’aime bien les choses fortes et douces). Peut-être que c’est le combo. Quoi qu’il en soit, si vous aimez ce rock ‘n’ roll poétique, ça vaut vraiment le coup de faire un tour, de cliquer ou autre. Parce que la misère n’est plus seulement pour la génération X.

***1/2

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