Test Card: « Music For The Towers »

L’hiver a duré longtemps longtemps, ou du moins c’est ce qu’on a l’impression de vivre. Le vent et la pluie apparemment sans fin et le ciel gris : la suppression de l’humeur est vraiment devenue palpable ces dernières semaines. Une de mes amies m’a dit récemment qu’elle ne pouvait pas attendre l’été et pouvoir s’asseoir dans le jardin le soir, en buvant quelque chose de froid et d’alcoolisé. Je commence à ressentir la même chose.

Des signes de printemps se profilent cependant à l’horizon, avec quelques fleurs ici et là, et les jonquilles sont là aussi. Et à l’intérieur ? Eh bien, Music For The Towers est un vestige de l’été comme on en a rarement entendu, et un rêve des changements à venir malgré sa date de sortie au milieu de l’hiver.

Composée de simples accords de guitare, de synthés, d’enregistrements en champ distal et de lignes de drones élégiaques, Music For The Towers sonne comme un écho, un fragment de temps bucolique piégé dans la radiosphère. « « We Oscillated Like Sheep Grazing on Grassy Waveforms » » peint des scènes pastorales entières, des chants d’oiseaux nichés au milieu de longs mouvements de l’electronica rougeoyante. Le mouvement d’une soirée d’été, peint et prolongé, est projeté dans l’espace, des vibrations apaisantes issues de la résonance sonore.

De douces vagues déferlent sur les bords de « Let Single Sideband Loneliness Receivers Be Happy », des synthétiseurs qui suivent de près toutes les lueurs avec un bourdonnement d’énergie qui s’épanouit avec éclat. Les transmissions ponctuelles de la guitare se fissurent en éclats mélodiques périodiques, donnant à la pièce un poids étrange, une sensation de plomb qui rend compte de cette saison de marée : s’il vous plaît, n’y allez pas/retournez. Une version moins explicite arrive au début de « Data Taken Over Under Rating », dont les lignes rythmiques vont et viennent dans des vagues douces, des bourdons ondulants faisant place à de luxuriants pickings de guitare et des dérives éthérées de synthétiseurs.

Insouciant, mignon et pittoresque, il se déplace avec précision, mais aussi avec une grâce manuelle nonchalante. Il est facile à vivre, ininterrompu, détendu. Ce n’est que dans son dernier quart que le synthé arpégé arrive pour lui donner une certaine structure, une douce rigueur électronique esquissant juste le contour du ciel de la nuit d’été qui commence à scintiller au-dessus de nos têtes.

Le meilleur est à trouver dans la luxuriante « Horizontal Sweep Correction Lullaby », berçant ces pulsations de synthétiseur presque majestueuses qui gonflent comme la lumière du soleil se courbant sous l’horizon. Le monde nage pour voir, porté par les suggestions du gazouillis radio qui s’engouffre dans le fond, suspendant l’électronique scintillante qui se déploie en rubans rayonnants.

Ce serait bien de revoir le Soleil bientôt, mais pour l’instant on va sans doute s’en tenir à Test Card et ses envolées prometteuses et souces-amères.

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