Ray Lamontagne : « Monovision »

Maintenant que l’auteur-compositeur-interprète Ray LaMontagne a sorti de son système le apce rock de ses deux précédents albums, il revient à l’essentiel sur cet opus studio, huit ième du nom. Il ramène le son à l’essentiel, bien en arrière, sur cet enregistrement entièrement solo. La tactique est sous-entendue par son titre Monovision et soulignée par le magnétophone à l’ancienne qui orne la pochette.

Montagne fait appel à son Tim Buckley, Cat Stevens, Neil Young et Van Morrison sur ces dix morceaux, souvent feutrés et folkloriques. Peut-être cherche-t-il à reconquérir des fans qui auraient pu sauter sur ses sorties de ces dernières années ; une musique qui l’a trouvé poussant, généralement avec succès, en dehors du son plus doux et plus délicat qui a initialement attiré son important public.

À peine les percussions, l’harmonica, la guitare acoustique et, bien sûr, le chant souple et légèrement granuleux de LaMontagne sont doublés pour créer de belles chansons, même délicates, qui donnent l’impression d’avoir été enregistrées dans l’explosion folk-pop du début des années soixante-dix. Des titres comme « Highway to the Sun », » »Summer Clouds » et « Weeping Willow » sont également influencés par le recueil de chansons de Donovan.

La plupart des morceaux restent ancrés dans un groove discret, décontracté et subtil, tout en étant délicieusement arrangé. Sur le plan des paroles, les choses suivent le même chemin, l’auteur-compositeur-interprète envisageant désormais l’amour des deux côtés, comme sur le doux-amer « We’ll Make it Through ». Il livre les rêveries romantiques de « Morning Comes Wearing Diamonds » (un concept très proche de Donovan également) en chantant « Morning comes wearing diamonds/There she is, her eyes are smiling/Throwing gold through the windows to the floor/I hear a bird singing a song I’ve never heard before » (Le matin arrive portant des diamants/La voilà, ses yeux sourient/Jetant de l’or par les fenêtres au sol/J’entends un oiseau chanter une chanson que je n’avais jamais entendue auparavant) avec une sincérité si douce qu’elle fera fondre le cœur de l’auditeur le plus stoïque.

La légère inclinaison country de la douce ouverture « Roll Me Mama Roll Me » est brisée par la voix rauque et mélancolique de LaMontagne. Seul « Strong Enoug » s’approche du rock avec une stature bluesy qui se rapproche du mid-tempo roll de JJ Cale. Et même lorsque les paroles frôlent le cliché, comme dans « I Was Born to Love You » avec « I could sing you a song, play you a tune/I know it’s just a little thing, but it’s something I can do », le sens de la mélodie assuré de LaMontagne et sa voix sensible mais jamais schnockée sont si légers, discrets et bien, charmants, que vous ne pourrez qu’aller vers lui. Sur « Misty Morning Rain », LaMontagne fait référence au Astral Weeks de Morrison, en y insufflant une approche d’improvisation jazzy, en ajoutant des percussions légèrement frappantes et un solo de guitare acoustique. On peut retrouver une ligne directe avec Harvest de Neil Young sur « Rocky Mountain Healin’ », notamment dans le son frémissant de l’harmonica de LaMontagne.

Il y a une chaleur apaisante, mais jamais clichée, dans ce style rétro. Tant le savoir-faire de LaMontagne dans la composition de ces chansons que son jeu facile et non accompagné seront un réconfort pour les adeptes établis qui devraient accueillir ce retour aux sources des plus organiques.

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