Lovely Wife: « Best in Show »

À première vue, Newcastle possède une scène remarquablement vaste et florissante consacrée à toutes sortes de dormations de métal bruyantes/expérimentales, jusqu’à ce qu’on se rende compte qu’environ 75 % des groupes comptent James Watts et un certain nombre de ses compagnons. En fin de compte, c’est une belle chose parce que Watts est un chanteur polyvalent – peut-être pas Mike Patton, mais plus qu’habile à affecter toutes sortes de métal à gorge basse, ainsi que des notes allongées angoissées et des incantations monastiques, et, comme le prouve la dernière chanson, le didgeridoo humain.

Le groupe est décrit comme « un mélange unique et bizarre de doom improvisé avec une ambiance psychédélique d’ivresse qui se situe entre THRONES, The Melvins et un groupe de Butthole Surfers très énervé ». Le texte poursuit en précisant que « Ils jouent normalement en trois parties, avec une basse, une batterie, un peu de saxo et des voix qui semblent sortir de la bouche de quelqu’un qui a été enfermé dans une cave pendant 20 ans et qui reste en vie en léchant la moisissure qui se développe sur les fûts de bière ».

C’est un bon résumé, même s’il y a plus qu’un peu de saxo ici. Mais pas de violons. Et que, malgré toutes les agressions sonores, ce sont des pacifistes.

Il n’y a rien de tel que de faciliter l’écoute d’un album en douceur, et l’introducteur de vingt-trois minutes, « Ioniser », n’a absolument rien de tel que de faciliter l’écoute d’un album en douceur. Un grésillement et un bourdonnement de surcharge se produit et se déforme comme l’enfer. Il finit par s’installer dans un groove à la gomme-laque, un rythme de tambour trépidant à la Todd Trainer, qui entraîne un grondement bas de gamme et qui sert de toile de fond à un spectacle de contorsions vocales qui célèbrent tout ce qui est torturé et guttural.

Et il y a cette basse ! Elle est si basse et grinçante qu’elle pourrait soulage rn’importe quel blocage en quelques mesures, et contre un rythme influencé par le jazz et joué avec une force explosive, « Shan patter » est une bête absolue. Le chant est à peine audible et aussi bas, sinon plus bas, que la basse, un gargouillis grouillant à souhait.

« Shenanigans » possaède la structure en boucle d’une piste de danse croisée avec les motifs circulaires lancinants qui ont défini le son de Therapy sur Nurse – seulement c’est une odyssée jazz-funk tordue, et c’est un contraste complet avec le bourdonnement ultra lent et ultra minimaliste de « Wallow » qui rampe dans un bourdonnement de répétition, un seul accord résonnant pour l’éternité, la torsion de soutien au feedback. Toute comparaison avec Sunn O))) est tout à fait justifiée, bien que la percussion ait un certain swing qui la fait passer du domaine du sludgy doomy drone à celui d’un style plus jazz/low grunge.

Et si le titre du morceau final inspire des références à Derek an Clive, les treize minutes de « Hor » » sont moins destinées à inspirer un jet de sang qu’une sensation de rampement sur une peau atteinte de chair de poule alors qu’une autre ligne de basse lourde se promène, battue, meurtrie, couverte de poussière et de saletés, au milieu d’un pétillement de bruit, avant qu’un cuivre au cœur lourd ne se mette à brailler, à gémir et à se manifester à tout venant.

Si les éléments de free form des compositions leur donnent un sentiment de relâchement, ou de non-conformité, de spontanéité, de désarroi, la façon dont elles se rejoignent si étroitement et intuitivement sur les segments de riffs étendus est révélatrice d’une réelle compétence musicale et d’un haut niveau d’intuition. C’est spécial et c’est rare. Et c’est une caractéristique déterminante d’un album qui est à la fois très lourd et très jazzy, sans être superficiel et impropre à l’écoute.

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