Owen: « The Avalanche »

Pour quiconque connaît l’une des œuvres de Kinsella, ce genre de lyrisme franc ne sera pas une surprise. The Avalanche est le dernier album d’un projet solo de longue date nommé Owen et il est à considérer comme une évolution, plutôt une extension, de son travail dans des groupes emo/indie de premier plan comme American Football ou Joan Of Arc. Kinsella a publié un flot régulier d’albums sous le nom d’Owen pendant près de 20 ans, créant un corpus plus autobiographique que celui de ses nombreuses autres formations.

À cet égard, The Avalanche n’est pas différent. Neuf chansons de rock indie acoustique d’une facture exquise qui porte son cœur, parfois douloureusement, sur sa manche. Mais ce qui le différencie, ce sont les profondeurs sombres de sa propre psyché dans laquelle Kinsella voyage. En évitant la complexité qui le caractérise et les signatures temporelles décalées au profit d’arrangements plus larges et plus profonds, Kinsella a la possibilité de laisser son lyrisme prendre toute sa place.

Et il pourrait bien le faire. Bien que le lyrisme et l’imagerie présents dans The Avalanche soient parmi les plus sombres de Kinsella et contrastent fortement avec les douces subtilités de son instrumentation, c’est aussi l’un de ses morceaux les plus forts et les plus transparents, et le troisième titre « On With the Show » pourrait bien en être le meilleur exemple.

Quatre minutes de basse en loop et de guitares jen carillons, le tout soutenu par des percussions discrètes, musicalement c’est le morceau le plus optimiste ici. Sur le plan des paroles, cependant, il traite de l’échec cuisant et des angoisses qui l’accompagnent ; la juxtaposition parfaite dans ce qui est par ailleurs une offrande pleine d’entrain.

Ailleurs, il y a des moments de résignation tranquille (« I Should Have Known »), de dépression (« Dead for Days ») et d’acceptation de soi (« I Go, Ego »), et bien qu’il semble y avoir très peu d’optimisme, The Avalanche n’est pas tant un disque morose qu’un disque sincère ; une fenêtre sur la vie récente d’un certain Mike Kinsella. Le voyage est lourd, bien qu’il ne soit pas aussi lourd que celui que Kinsella a vécu, et bien qu’il ne soit jamais agréable de ruminer sur les troubles émotionnels que d’autres ont subis, il est difficile d’imaginer qu’Owen puisse sortir un disque aussi fort si tout avait été fluide ettranquille.

***1/2

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