Gum Country: « Somewhere »

Gum Country se décrivent comme faisant du « harsh twee », de la twee-pop hard, , une description qui peut paraître ridicule à première vue. Mais en écoutant leur premier disque, on se rend compte à quel point c’est approprié, car le duo de Courtney Gavin (The Courtneys) et Connor Mayer mélange fréquemment des mélodies aérées de style C86 avec une guitare de type shoegaze.

Mais même lorsque le chanteur/guitariste Gavin monte les guitares, les chansons sonnent rarement de manière abrasive. L’ambiance de l’album semble presque provocante. Elle rayonne simplement de vibrations positives et ensoleillées. Cette atmosphère est d’autant plus surprenante que les paroles deviennent plus acerbes ou introspectives.

Toutefois, la plupart des textes sont axés sur le quotidiens, allant des jeux vidéo au tennis en passant par le jardinage. Parfois, cette obsession des détails de la vie quotidienne se révèle attachante. D’autres fois, pas tellement. « Tennis (I Feel Ok) », une chanson qui est moins « harsh twee » et plus « twee twee », est un bon exemple de quand elle est dans un mode à vous faire grincer des dents. Le leitmotiv répété « Why don’t we go down to the court ? » est le refrain le plus souvent utilisé par les spectateurs de Wimbledon au fil des ans. Il est d’autant plus agaçant qu’il est accompagné par des claviers de style Casio – un mélange qui est presque emblématique de la « twee pop ».

En revanche,  « Talking To My Plant »s, également composé de deux musiciens, est plutôt merveilleux. Son refrain répété « I’m talking to my plants / Or are they talking to me ? » »donne à la chanson un air agréablement dément. On pourrait dire qu’il y a un certain niveau d’ironie hipster dans les choix lyriques, mais il y a suffisamment de sensations authentiquement bizarres pour que le duo remporte le morceau.

Donc, sur le plan des paroles, le disque n’est peut-être pas parfait. En termes d’instrumentation, Gavin et Mayer sont tous deux excellents. Il suffit d’écouter le riff nerveux de Gavin sur « I Don’t Stay Up » ou les percussions noueuses de Mayer sur « Jungle Boy » pour s’en convaincre.

En fait, musicalement, sur les douze morceaux, il n’y a pas grand chose qui cloche ici. À l’exception de la chanson sur le tennis mentionnée ci-dessus, il n’y a pas de vrais ratés et même quelques-uns que l’on pourrait facilement voir devenir des hymnes indés comme le morceau d’ouverture du titre où le duo montre son côté plus rauque.

Si cet ensemble de chansons présente un inconvénient, c’est que les influences du duo ne se font pas tant sentir ; on y trouve une bonne dose de Stereolab et une poignée de The Breeders, parmi de nombreuses autres allusions aux groupes indépendants de la fin des années 80 et du début des années 90. Dans ces conditions, le disque peut ressembler à une capsule temporelle même s’il ne s’agit pas d’un disque perdu de 1991.

En fin de compte, Somewhere ne possède pas assez de caractère distinctif pour être excellent. Mais c’est quand même un effort amusant et stimulant, qui plaira certainement aux nostalgiques d’une certaine image de l’indie-pop.

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