Built To Spill: « Plays The Songs Of Daniel Johnston »

En 2017, les vétérans du rock indie de l’Idaho que sont Built To Spill, ont eu l’honneur d’être le « support group » de Daniel Johnston. Malheureusement, l’icône culte est décédée à l’âge de 58 ans seulement avant que les concerts ne puissent avoir lieu. Pendant les répétitions de ces spectacles en août 2018, le groupe a enregistré onze chansons comme document de cette période et se trouvait en fin de production sur l’album lorsque Johnston est décédé de causes naturelles en 2019. Ce qui a commencé comme un souvenir pour le groupe s’est transformé en un hommage touchant à l’un des personnages les plus intéressants de la musique.

Bien que Johnston ne figure pas sur l’album, le groupe parvient à garder son esprit au premier plan de leurs versions. Le morceau d’ouverture, « Bloody Rainbow », évoque une marque de pop scoute qui aura sans doute plu à l’obsessionnel Johnston des Beatles. « Honey I Sure Miss You » parvient à conserver le même sens de la mélancolie fragile de l’original, tout en apparaissant bien plus poli que tout le travail de son scribe. Cela ne veut pas dire que le disque est toujours surproduit, loin de là, mais il se démarque des originaux de Johnston, enregistrés en grande partie sur cassette à la maison.

Le titre le plus connu qui est repris ici est probablement « Life In Vain ». C’est une chanson qui pourrait être jouée de mille façons différentes, mais cette version frénétique ne s’éloigne pas trop de l’original, ajoutant seulement une piste sonore plus lourde, entraînée par la batterie. Ailleurs, vous avez un « Fake Records Of Rock N Roll » des Pixies qui se transforme en « Fish » sur le « closer » de l’album. Lorsque Doug Martsch chante « She’s got me singing with a broken heart / I keep on messing with my mind teared apart » (Elle me fait chanter avec un cœur brisé / Je continue de jouer avec l’esprit déchiré), on a l’impression qu’aucune parole ne résume mieux l’esprit qui a écrit la collection que ces deux lignes.

Bien qu’il ne soit plus parmi nous, il y a peu d’artistes dont la musique semble exister pour d’autres personnes plutôt que pour l’auteur de la chanson lui-même. Dès le début, Johnston enregistrait des mixtapes en tant que pièces uniques à offrir à ses amis et à ses proches. Il en allait de même pour son art, aussi complexe que soit son personnage, son travail semblait toujours porter sur ce qu’il pouvait donner plutôt que sur ce qu’il pouvait prendre. Cette collection ne se contente pas d’honorer cela, elle ouvre sa musique à un nouveau public et la maintient en vie. Ce qui a commencé comme quelque chose de personnel pour le groupe a fini par devenir quelque chose de beaucoup plus grand. Avec la sortie d’un nouveau coffret plus tard dans l’année, il semble que sa musiqueparviendra à maintenant atteindre le public plus large qu’elle aurait mérité d’avoir durant son vivant– tout en continuant à plaire à ceux qui fonctioonent encore dans le cadre de la contre-culture. Ainsi, bien que Built To Spill n’ait jamais pu jouer les concerts comme prévu avec Johnston, le groupe est au moins capable d’aider à cimenter son héritage avec ce disque.

***1/2

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