Endling: « Proper Nouns »

Lorsque vous imaginez le monde de Endling, c’est un monde à jamais baigné de soleil, surréaliste et désorientant, à la fois réconfortant et troublant. Notre ancre dans ce pays étrange et étrangement familier est notre narrateur, bien que ses mots trahissent souvent une profonde agitation et des scénarios troublants ; le sentiment qui vous reste est semblable à celui que vous ressentez instinctivement lorsque vous essayez de vous diriger dans un rêve semi-lucide ; vos instincts sensoriels sont juste « éteints », la réalité a-t-elle été bouleversée ?

Proper Nouns s’ouvre sur le morceau qui sonne le plus onirique et le plus proche du médicament ; « Superlatives » est un portail immersif que l’on traverse lentement, le morceau se déroulant à un rythme qui permet à l’auditeur de se réajuster à son nouvel environnement liquide. Les coups de couteau soniques qui annoncent le début de « Holidaymakers » vous indiquent que vous êtes arrivé à destination avec une troupe d’autres humanoïdes qui font la queue ». De là, nous entrons dans les Marchés de la Nuit (« Night Markets ) », et cette chanson est une révélation, avec des mélodies vocales du genre de celles que Mark Kozelek ou Neil Halstead auraient adoptées à l’apogée du slowcore du début des années 90, mais qui sont ici accompagnées de basses grondantes et d’une batterie qui gronde.

La partie centrale de l’album s’épanouit dans l’atmosphère établie par le trio d’ouverture, nous laissant dériver plus loin dans cet étrange arrière-pays. « Sommelier » est la chanson qui ressemble le plus à la maison, mais avec un soupçon de nostalgie de la maison qui se fait sentir pour une bonne part ; les chœurs déformés et fantomatiques nous rappellent que nous sommes peut-être encore à moitié endormis. « Dysania State » confirme les soupçons, affirmant que « la dernière chose dont j’ai besoin, c’est de dormir » sur un fond de piano et d’électronique subtile. Entre ces deux titres se trouve « Vianden », un moment de clarté émotionnelle où les chœurs échantillonnés et répétés deviennent une sorte de mantra alors que les paroles peignent des images prophétiques de moineaux tombant dans une mer sans limites.

Cette image, ainsi que toutes les autres expressions accumulées d’agitation, de malaise et de pressentiment, aboutissent finalement au scénario apocalyptique, intitulé « Fires Raging in the Arctic ». Malgré son aspect cauchemardesque, la chanson elle-même ne fait qu’évoquer une dévastation collective plus globale, mais revient à l’individu, un homme parti construire une maison à partir de la poussière » (build a home from the dust ). Il y a une lueur de résilience et d’espoir dans cette composition qui gonfle doucement et qui semble être la bonne note pour frapper ; bien que Proper Nouns n’ait pas peur de laisser l’auditeur perdu et en quête de temps en temps, elle ne menace jamais de nous mettre totalement à la dérive.

***1/2

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