Black Orchid Empire: « Semaphore »

À certains moments, les capacités techniques peuvent renverser les qualités lyriques car de nombreux groupes choisissent de déchiqueter leurs guitares plutôt que de se concentrer sur les bases de l’écriture de chansons. Trop d’actes diluent souvent les mots et les phrases et les plient pour qu’ils cliquent et riment, ce qui peut les faire paraître poussés et peu naturels. Lorsqu’un groupe choisit d’enfiler un lyrisme simple, il peut se montrer amateur et ne pas laisser l’auditeur ressentir l’émotion, celle qui se manifeste lorsque votre colonne vertébrale picote. Cependant, il y a un groupe qui mélange ses paroles avec des couches, une tenue destinée à atteindre la plateforme supérieure, et à devenir un jongleur.

Il peut sembler audacieux d’appliquer des déclarations de ce genre, mais ce groupe en question écrit avec une fluidité et un sens au-delà de toute attente. Black Orchid Empire est le groupe qui incarne la puissance et la grandiosité lyrique structurée. Et ils savent comment le monde fonctionne, comment il peut vous balayer dans une instance, vous barricader loin de vos rêves, surtout dans ces circonstances sans précédent.

Semaphore est leur record de vérité sans retenue. Un album plein d’accroches et de précision. Oui, le travail de guitare est convaincant au-delà des mots, un standard que beaucoup de groupes ne pourront pas reproduire, mais ce sont ces lignes, et ces anecdotes qui vous entraînent comme un tourbillon. Si ces mots pouvaient être tatoués, ils laisseraient une empreinte poétique sur la peau.

Et Black Orchid Empire met en œuvre et peaufine avec précision ses munitions lyriques. Chaque résonance émotionnelle est comptée, chaque coup de poignard d’innocence, et chaque once de talent que ce groupe a reçu. Bien sûr, il y a des groupes qui ont la même éthique de travail, les mêmes ambitions, mais Semaphore est grand, audacieux, technique, artistique et important pour la scène. Il ne fera peut-être pas éclater les banques en termes d’exposition, mais il va bouleverser le paysage d’une industrie musicale quelque peu gonflée.

« Singularity » marque le début de l’album. Le riff est composé de manière professionnelle et les paroles détaillées font apparaître des images. La mort est un thème de ce morceau. « Red Waves » est bruyant et rauque, expérimental et imprégné de riffs. Le chant n’est pas sous pression, il est clair et flamboyant. C’est une contribution furieuse d’un groupe avant-gardiste. « Winter Keeps Us Warm » est le sommet de Semaphore. Il commence doucement avant que le refrain ne lui brûle la peau et chauffe ensuite l’atmosphère. Il vous laissera sans souffle. « Monolith », une fois de plus, est un morceau percutant, parfaitement à la pointe de ces paroles non conventionnelles.

Black Orchid Empire ne sont pas glamour, et vous savez quoi, cela les rend encore plus séduisants. Ce sont des travailleurs, des greffeurs, qui rassemblent des chansons qui ont un sens. Ils savent écrire et jouer sans peur, et c’est louable.

****

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.