No Age : « Goons Be Gone »

Randy Randall et Dean Spunt de No Age ne jouent pas vraiment franc jeu sur leur cinquième album. Bien que tous les clubs des États-Unis aient été fermés depuis la mi-mars, ces gars vous font regretter les spectacles punk rock et ce spray vocal occasionnel dirigé par la batterie. Après leur précédent album Drag City, Snares Like A Haircut, qui a capturé le summum du mélange d’expérimentation et d’éclats bruyants du duo, Goons Be Gone s’attaque principalement à la gorge. Plus direct et plus percutant que tout ce qu’ils ont fait jusqu’à présent, il est néanmoins pleinement accueilli dans le vide actuel.

L’ouverture, « Sandalwood » se pavane façon Jagger, et Randall arrive en tête avec un riff de style « Satisfaction » d’une franchise désarmante. La joie primale des percussions, des couches de guitares bourdonnantes et du chant passionné de Spunt attire l’attention dès le début tandis que les passages instrumentaux plus sombres, avec leurs borborygmes mécaniques, ajoutent une touche de complexité. « Feeler » a une ligne de tête plus brillante qui coupe continuellement sous le rictus morveux de Spunt mais le point culminant de l’album est « War Dance, » avec son rythme effréné et ses plaintes récurrentes : « Je suis étonné par votre ignorance aujourd’hui. » (I’m astonished by your ignorance today.)

Il n’y a qu’une poignée de morceaux qui penchent vers la fin plus expérimentale, et ceux-ci sont principalement dépourvus de chant. Les boucles de bande et le fuzz de Toes In The Water recouvrent un cliquetis industriel sous-jacent qui rappelle les précédents travaux du duo. Tandis que le répétitif « A Sigh Clicks » rappelle un exercice de sirène de raid aérien qui dure un peu plus longtemps que les exercices imposés par le gouvernement. Le dos de l’album manque peut-être de moments plus marquants, mais il se termine par un autre bobber à pleine tête dans « Agitating Moss ».  

Goons Be Gone ne sera pas considéré comme le meilleur album de No Age, mais il bénéficie de sa franchise. Randall et Spunt s’affrontent aux frontières du punk aussi bien que n’importe qui. Le fait qu’ils aient fini par explorer une facette plus passionnée et plus libre d’esprit d’eux-mêmes finit par constituer en soi le mouvement surprenant. Que l’album vous ramène aux premiers temps du punk anti-establishment ou vous donne simplement envie de retourner, en temps venu, dans les clubs, Goons Be Gone fait bien son travail. 

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