Niklas Paschburg: « Svalbard »

Ces dernières années, la musique classique moderne a vu que ses textures ne sont pas seulement orchestrales, mais aussi synthétisées comme pour se moduler à d’autres démarches contemporaines. Niklas Paschburg fait partie de cette race croissante de compositeurs qui n’hésitent pas à faire de sa musique cinématographique une musique à base de synthé, de piano, de cordes ou même de guitare. Le résultat final est que son dernier album Svalbard surprend tout autant qu’il divertit.

Il est parfois facile de le classer dans la catégorie des musiques de cinéma de science-fiction en raison de l’ampleur et de la portée épique des morceaux, mais ce serait injuste. Pour chaque morceau comme « Cyan » qui vous transporte dans un autre monde avec des cordes épiques, des pianos et cet écho de guitare post-rock qui fait partie intégrante de ce genre, il y a un « Little Orc ». Son accordéon et son piano à queue excentrique sont plus en phase avec LittleBigPlanet, parfois avec son caractère excentrique. Ensuite, vous avez un « Season Shift » automnal qui est dirigé par un synthétiseur de basse et qui joue avec de légers bruits de piano sur des ronflements de mauvais augure. Vous aurez également la délicate ballade qu’est « Duvet » pour vous offrir sécurité et confort, tandis que « Husky Train » offre des textures d’ambiance lumineuses.

Ce que l’on peut retenir de Svalbard est qu’il s’agit d’une histoire musicale très complète. Il y a des instruments et des thèmes récurrents. La finale kaléidoscopique de « Winter Born », à la fin de l’album, semble méritée car vous avez dû vous battre avec la « sarcelle arctique », anguleuse et agressive, dont les basses cuivrées vous grognent dessus. Les morceaux plus calmes donnent souvent l’impression d’être de l’autre monde tout en contenant des mélodies fortes. Ils sont enracinés mais éthérés, un peu comme Svalbard lui-même. Le disque est un archipel au large des côtes norvégiennes. Ses glaciers sont très rudes et son habitat très rude, à la fois beau et dangereux. Les humains n’y vivent pas et pourtant, il semble si familier. Niklas Paschburg a traduit cette étrange familiarité qui est tout simplement hors de portée dans les orchestrations et l’instrumentation de l’album. Parfois,on ne peut pas dire quel est l’instrument, d’autres fois, la musique semble sinistre ou festive, mais toujours hors de portée. C’est une approche vraiment intelligente qui donne envie d’en (s)avoir plus.

Mais en fin de compte, Niklas Paschburg a-t-il fait un grand album ? Oui. Même sans toutes les références géographiques, vous pouvez vous asseoir et apprécier le voyage musical à la découverte d’un nouveau monde musical. Son extérieur glacé et froid cache beaucoup de chaleur et de beauté à l’intérieur. C’est un joyau classique moderne que vous ne voudriez pas négliger.

****

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.