Mild Orange: « Mild Orange »

Dunedin, en Nouvelle-Zélande – une ville relativement petite sur l’île du Sud – ne semble pas être un lieu de culte, mais Auckland ou Christchurch non plus. En 1981, lorsque Roger Shepherd a lancé Flying Nun Records, il s’agissait simplement d’un autre petit label qui essayait de capturer la musique de Te Waipounamu au milieu d’une flopée de groupes post-punk. Finalement, Shepherd a continué à défendre une tendance croissante de « guitar-pop » chatoyante à Dunedin. Le label est devenu célèbre en tant que foyer de The Clean, The Chills et The Bats. Il va dominer le son culturel associé au rock néo-zélandais et kiwi pendant plus d’une décennie.

Même ces dernières années, la ville reste attachée à ses racines sophistiquées-pop insulaires, avec de nouveaux groupes acclamés par la critique comme Fazerdaze et The Courtneys qui continuent à sortir de la musique pour le label. Il serait difficile pour un groupe originaire d’une ville de moins de 150 000 habitants de ne pas ressentir le poids de ses habitants les plus célèbres et de ses exportations musicales, sans parler d’un genre aussi définitif pour la musique indépendante que celui que l’on trouve à Dunedin. Mild Orange, à leur honneur, fait de son mieux.

Le groupe a débuté assez simplement à l’université, lorsque le chanteur et guitariste Josh Mehrtens a retrouvé son ami d’enfance et futur guitariste principal, Josh Reid. Ils ont rapidement étoffé leur section rythmique avec leurs amis Tom Kelk et Jack Ferguson et ont officiellement adopté le surnom de Mild Orange. Ce nom viendrait des sentiments d’optimisme et de chaleur que dégage la couleur orange ; un concept qui tente de résumer le son du groupe.

Les deux morceaux les plus forts sont ici tous deux instrumentaux. Le disque s’ouvre avec « Blue Pacific » et montre comment le groupe s’est développé en deux ans. De même, « In Flight (two) » présente l’interaction complexe qui évoque un groupe de musiciens beaucoup plus chevronnés au sommet de leur art.

« First Taste » évoque rapidement la sensibilité de Everything All The Time, un groupe se sentant assez à l’aise pour laisser le travail de guitare s’occuper, mais sans jamais laisser une partie du groupe éclipser le reste. C’est un exercice d’équilibre serré, mais que Mild Orange semble naturellement maîtriser. Sur « Freak In Me », la ligne de basse de Kelk domine le morceau sensuel et attrayant, mais les paroles de Mehrtens sont plates par rapport au poids de la chanson.

Le même problème se pose à nouveau sur « Making Things » »- un morceau qui ressemble à une adaptation de « You Only Live Once » des Strokes – les paroles de Mehrtens restent flasques : « Pendant que je faisais des choses, tu m’as fait croire que tu étais là pour moi, ou du moins c’est ce que je pensais » (While I was making things, you made me think that you were out there for me, or so I thought). Bien qu’elles ne soient pas du tout prétentieuses ou superflues, les paroles semblent accrochées ensemble, comme un moyen de faire passer la chanson, au lieu de faire passer une histoire.

Comparez Mild Orange à Real Estate, un autre groupe axé sur la guitare et qui partage une admiration et une approche similaires du son et de l’atmosphère. Alors que le chanteur Martin Courtney parvient à évoquer la sagesse et la mystique qui non seulement font vendre la chanson sur le plan conceptuel mais contribuent également à renforcer le reste de l’interaction de la chanson, Mehrtens ne s’écarte que vers ce dernier point. Sur « Share This Dance », un autre point fort sur le plan instrumental, les paroles restent assez larges pour s’appliquer aux masses, mais manquent de la spécificité qui pourrait faire que son écriture et Mild Orange elle-même se distinguent de leurs pairs.

La voix de Mehrten sur « Now You Know » est parfaitement douce et délicate, et ne détourne pas l’attention de la guitare cristalline et de la réverbération coussinée. Ce sont les moments qui comptent le plus et la raison pour laquelle les fans, et peut-être une plus large audience, trouvent le groupe si difficile à ignorer.

***1/2

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